Tunisie : «#Erkhef», boomerang anti-gouvernemental

La campagne «#Ekbes», lancée il y a une semaine par les sympathisants d’Ennahdha et ses alliés sur Facebook, a rapidement été parodiée par les internautes opposants. La complaisance inconditionnelle des pro-Troïka et le salaire de Mme Laâbidi sont critiqués à coups d’ironie ravageuse.

Grèves générale à Sidi Bouzid, fréquentes coupures d’eau et d’électricité, taux de chômage en hausse, projets de lois liberticides, dérives sécuritaires, autant de problèmes gangrénant la Tunisie sans que la Troïka au pouvoir puisse apporter des réponses.

La campagne «#Ekbes»,  lancée par des pages Facebook pro-gouvernementale, a démarré dans un contexte où les autorités ont du mal à gérer les problèmes socio-économiques et les revendications populaires manifestées un peu partout dans le pays.

«#Erkhef», c’est la trouvaille des internautes dissidents pour contrer «#Ekbes» au lendemain de son lancement. Ce terme antonyme qui les a inspirés pour balancer des slogans satiriques envers le gouvernement de la Troïka et les militants des différents partis qui la composent pour qu’ils «arrêtent de jouer au bendir».

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Le lancement avait également coïncidé  avec un contexte assez hostile aux élus de la majorité, notamment Meherzia Laâbidi qui cumule les critiques subversives. Et pour cause, la vice-présidente de l’Assemblée Nationale Constituante est payée en devises et le montant de son salaire, récemment publié dans le JORT (Journal Officiel de la République Tunisienne),  est jugée très élevé par une grande part des citoyens tunisien. «#Ekseb», c’est ainsi que les internautes ont détourné le slogan «#Ekbes». «Mahzeria : Moi j’ai gagné 10 mille dinars,  et toi, qu’est-ce que t’as gagné ?» lit-on sur l’une de leurs affiches.

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Fortement inspirés, les cybernautes opposants ont ainsi contre-buzzé la campagne «#Ekbes»  en la détournant et inventant plusieurs slogans rapidement devenus populaires. Comme quoi, le militantisme sur les réseaux sociaux n’est pas toujours efficace surtout quand il est trahi (sic!) par l’absence de volonté politique.

S.B.H

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