Ecoles privées en Tunisie : Nouveau phénomène de mode ou nécessité?

 

Les écoles privées tunisiennes sont de plus en plus sollicitées. Et pour cause: l’investissement sur l’éducation des enfants pour chaque famille tunisienne s’est considérablement accru ces dernières années, mobilisant en moyenne 10% du budget familial annuel selon les dernières statistiques du ministère tunisien de l’Education….

Il va s’en dire que la recherche de la qualité pour les classes sociales les plus aisées, crée toujours plus de demande, conduisant à un développement et à une diversification des activités liées à l’éducation: enseignement privé, garderies, cantines, cours de soutien scolaire, manuels parascolaires, fourniture, etc.

Ainsi, face à une obsession liée à l’excellence, un climat concurrentiel a fini par s’installer, opposant, d’un côté, un système éducatif national en pleine décadence, et d’un autre, un secteur privé de plus en plus compétitif. S’agit-il d’un phénomène de mode ou bien seulement le résultat d’un manque de confiance face à l’enseignement public? Enquête.

Une dégradation qualitative de l’enseignement public

En comptabilisant le nombre global d’élèves issus des secteurs publics et privés confondus, le nombre atteint quelques 1.046.671 en 2012, selon un rapport émanant de la Banque mondiale. Ainsi, pour les 2 millions de foyers tunisiens, l’éducation demeure un ascenseur permettant d’affirmer, par excellence, la classe sociale à laquelle ils appartiennent.

Malgré le fait que le secteur de l’éducation publique reste, jusqu’à présent, le principal fournisseur du dispositif, il n’en demeure pas moins en perte de vitesse. A titre d’exemple, le nombre d’élèves scolarisés en première année primaire a augmenté de 10% en 5 ans (2009/2013) dans le dispositif public, contre 48% dans l’enseignement privé (source : ministère de l’éducation).

La dégradation qualitative de l’enseignement public, le laisser-aller des professeurs (grèves à répétition, manque de qualification…) est pointé du doigt et les parents mobilisent actuellement, tous les moyens possibles pour se rabattre vers le privé, totalement ou partiellement.

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Dès lors, un constat s’impose: le privé, considéré auparavant comme étant le refuge inhérent des élèves souffrant d’échecs scolaires, se présente aujourd’hui comme étant l’alternative somme toute logique, voire le Saint Graal de l’éducation, que tout bon parent se doit d’offrir à sa progéniture.

Le cas de l’école française

L’école française (communément appelée «Mission», en référence à l’ancien jargon du colonisateur), a toujours figuré parmi les établissements les plus convoités par les parents, car elle dispense d’un enseignement de qualité, tout en délivrant des diplômes reconnus à l’échelle internationale.

Cependant, en plus du coût relativement élevé dont doivent s’acquitter les parents chaque année (dans les 8.000 dinars), la procédure de sélection reste très sélective.

Ainsi, les parents doivent faire face à d’innombrables barrières administratives comme les listes de préinscription (au moins une année à l’avance), l’obligation de fournir tout un lot de justificatifs, soumettre l’enfant à des concours selon son niveau scolaire… à l’issue desquels seuls 10% des candidats seront finalement retenus.

Si l’accès demeure aussi difficile, la cause revient en la capacité d’accueil de ces établissements, principalement destinés aux expatriés et binationaux du pays dont relève l’école. En effet, les enfants français résidant en Tunisie s’accaparent 80% des places disponibles dans les établissements dépendant du réseau AEFE, tandis que le reste est accordé en priorité et sans concours aux enfants des diplomates (environ 10%), et les 10% restants se partagent entre certaines catégories de Tunisiens et autres nationalités et ce, sur concours uniquement.

Une situation qui oblige de plus en plus de parents à se tourner vers les écoles privées. Cependant, la qualité du service fourni par ces dernières demeure variable et beaucoup de ces établissements proposent rarement un contenu adéquat.

Le secteur de l’éducation privée, une alternative pas si évidente

Entre le sureffectif dû à l’importance de la demande et à l’appel du gain, l’hésitation à investir dans un personnel qualifié permanent, l’application du programme national (lui-même en déphasage), les carences dans certaines matières, l’apprentissage des langues dans des approches obsolètes, la perte des valeurs citoyennes, le bourrage de crâne… rendent ce choix assez difficile pour les parents, soucieux de l’avenir de leurs chères têtes blondes.

Tous ces manquements expliquent, en grande partie, l’engouement croissant pour les programmes internationaux proposés par de nouveaux établissements privés fraîchement débarqués en Tunisie.

Quels types d’enseignement proposent-ils et à quels prix? Voici la liste des principaux établissements privés proposant des programmes d’enseignement dont les diplômes sont homologués à l’étranger.

L’International School of Carthage

L’école Internationale de Carthage est le premier établissement scolaire homologué du Système français en Tunisie, de la petite section au baccalauréat. Des cours d’arabe sont également dispensés.

En outre, l’école s’est récemment équipée d’une nouvelle solution d’enseignement interactive de communication entre enseignants et élèves en équipant une classe de tablettes tactiles et d’un tableau géant de 65 pouces.

Les frais de scolarité s’élèvent à 7.000 dinars pour la section maternelle et 6.575 dinars pour le collège (plus frais de première inscription) par an hors panier, fournitures et autres.

Pour consulter la liste complète des prix, cliquez ici et ici.

La British School of Tunis

Cette école est candidate au COBIS (Council of British International School) qui est le principal organisme d’accréditation des écoles privées internationales, proposant le programme d’enseignement uniquement en langue anglaise. Cela inclut une équipe enseignante composée majoritairement par des anglophones et une méthodologie d’enseignement d’applications conformes à tous points de vue à celle pratiquée en Angleterre.

Concernant les frais de scolarité (année 2013-2014), il faudra compter 9.500 dinars (3-4 ans) et 11.000 dinars (5 ans). Montant à payer par an hors panier, fournitures et autres.

Pour consulter la liste complète des prix, cliquez ici.

L’Ecole Canadienne de Tunis

Cette nouvelle école ouvrira ses portes prochainement en Tunisie et pourrait représenter une alternative intéressante en termes de nouveautés.

Le programme de l’école canadienne est basé sur le système éducatif québécois, qui a été classé 5ème à l’évaluation internationale PISA (Programme International de suivi des acquis des élèves âgés de 15 ans dans les pays de l’OCDE) en 2012.

Au primaire, l’étude des diverses disciplines fait appel au français comme langue principale, mais également à l’arabe et à l’anglais.

Mais le plus intéressant, c’est que l’école canadienne propose de pouvoir accéder, plus facilement, à des diplômes internationaux: le DEC (Diplôme d’études collégiales) et l’IB (Bac International), reconnus en Tunisie et ouvrant l’accès à toutes les universités au Canada, en Tunisie et dans le monde.

Pour ce qui est des frais annuels, ils sont de l’ordre de 5.100 dinars à la fois pour l’école préparatoire et primaire (plus frais d’inscription). Montant à payer par an hors panier, fournitures et autres.

Pour consulter la liste complète des prix, cliquez ici.

L’école américaine de Tunis

Destinée essentiellement aux coopérants et aux expatriés anglo-saxons, cette école se base essentiellement sur le système éducatif américain.

Les frais de scolarité figurent parmi les plus élevés de notre sélection. En effet, il faudra compter pas moins de 23.220 dollars, soit 37.400 dinars pour la section «Elementary School (10-11 ans) et 21.790 dollars, soit 35.400 dinars pour la section Middle School (11- 14 ans). Sachant que ces frais ne comportent ni le panier ni les fournitures et autres.

Pour consulter la liste complète des prix de l’année 2014-2015, cliquez ici

 

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S.B.N

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