Festival Carthage 2017 : Spectacle Hourya de Leila Toubel et Mehdi Trabelsi, l’âme de Solwen rôde

L’artiste Leila Toubel a présenté sa nouvelle création “Hourya” en compagnie du pianiste Mehdi Trabelsi dimanche 16 juillet 2017 donnant le coup d’envoi aux spectacles du festival international de Carthage 2017 qui vont se dérouler dans le prestigieux cadre du Musée de Carthage.

Une scène a été spécialement aménagée à l’occasion pour accueillir la prestation des artistes et le piano de Mehdi dans la cours du musée, érigé dans les hauteurs de la colline de Byrsa et donnant une vue inégalée sur la mer et la montage de Boukornine. Une affluence triée sur le volet et attentionnée a marqué sa présence ainsi que plusieurs étrangers qui malheureusement n’ont pas pu bénéficié de sous-titrages à cause des conditions climatiques.

La dramaturge Leila Toubel a présenté “Hourya” pour la première fois à l’espace El Teatro en février 2017. Les spectateurs qui ont connu son précédent spectacle “Solwen” ont surement pu décerner plusieurs points de ressemblance entre les deux oeuvres. Une sorte de continuité est perceptible, que ce soit dans le jeu de l’artiste ou au niveau du texte. Comme si Hourya s’est voulue une sorte de suite de Solwen, mais avec des personnages différents et dans un contexte plus universel.

D’une durée de 90 minutes, Hourya est un spectacle musico-théâtral de et avec Leila Toubel & Mehdi Trabelsi. Hourya a fleuri dans le chaos et dans les décombres, elle est adulé par Adam; un soupirant qui entame un voyage impossible pour donner à sa bien-aimée la chance de vivre plus longtemps.

L’intrigue se passe dans une radio privée “Salam FM” qui a été la cible d’un attentat terroriste ayant fait plusieurs victimes. Leila joue le rôle d’une journaliste, qui a survécu à l’incident et présente un programme intitulé “Hobb Story”. Si elle y expose l’histoire d’amour entre Adam et Hourya tout en sondant les réactions des auditeurs, Hourya se veut aussi aussi une évocation des vierges du Paradis ou les Houris, ces femmes très belles promises par le Coran aux hommes qui accéderont au paradis et qui attirent spécialement ceux qui tuent des innocents au nom d’Allah.

Leila fustige les terroristes, condamne les attentats qui ont récemment survenu à travers les villes du monde, crie sa peine et hurle son désarroi face aux malheurs  frappant particulièrement notre époque. Mêlant des scènes dramatiques à de l’humour noir, le spectacle a déclenché des rires quand l’actrice s’est moqué de quelques émissions Tv et phénomènes de société apparus après la révolution de 2011. Elle n’a pas caché sa haine envers l’islam politique qu’elle lynche frontalement mais aussi indirectement.

Le jeu du Piano de Mehdi Trabelsi fut un fil conducteur harmonieux qui a facilité le passage d’une scène à une autre. Bien que le musicien n’a pas prononcé un seul mot, sa présence silencieuse n’a pas été superflue et a même fut d’un grand support pour certaines scènes du spectacle.

Hourya est un spectacle dédié à la mémoire de toutes les victimes de la barbarie et leurs familles. Leila Toubel y hurle sa haine envers les obscurantistes; « Lapidez-moi, ainsi vous lapiderez toutes les femmes insolentes en moi…Lapidez en moi la beauté de la lumière…Lapidez en moi toutes les Houris…Lapidez-moi…Même morte, je vivrai d’amour et de paix».

La comédienne s’exprime plus fort que jamais et affiche sa détermination inébranlable, elle continuera à lutter de toutes ses forces contre ceux qui veulent taire les voix des femmes et opprimés et à dénoncer les maux d’une société tunisienne qui se cherche encore mais s’accroche à un espoir qui bien que lointain, existe bel et bien .

Sara Tanit

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