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Google Earth : les trésors cachés de la Tunisie

© tekiano.com | Lundi, 23 Mars 2009 01:00 | Mots clés : Google earth patrimoine archéologie carthage kerkouane eljem luca morini

Le patrimoine historique de la Tunisie est à revisiter. Google Earth le permet. Et quand on sait que grâce à cet outil, un Italien a fait une découverte archéologique retentissante… Mettez-vous donc dans la peau d’un archéologue. Le rêve est permis !

Google Earth est un outil intéressant, qui offre des possibilités illimitées à ses utilisateurs, et aux… archéologues du dimanche. Pour l’occasion, Tekiano va vous guider lors de cette petite visite virtuelle des plus beaux sites tunisiens. Alors, si l’envie de vous mettre dans la peau d’un archéologue, vous titille, l’espace d’un après-midi… Suivez le guide !

A travers son glorieux passé historique, issu du brassage de plusieurs civilisations, la Tunisie se distingue par son riche patrimoine archéologique. Disséminés dans les quatre coins de note pays, ces merveilleux sites millénaires ne cessent de nous surprendre. D’autant plus que de nouvelles découvertes, sont sans cesse mises à jour par des fouilles archéologiques.

Mêlant prospection aérienne et pédestre, collecte d’indices sur le terrain.., les archéologues utilisent en général plusieurs techniques qui leur permettent de découvrir à chaque fois de nouveaux vestiges. Dans ce métier où la patience et l’obstination sont de rigueurs, il n’est pas toujours évident de faire de nouvelles trouvailles. Depuis peu, de nouvelles techniques sont apparues, intégrant les toutes dernières innovations technologiques, comme par exemple : l’utilisation d’images satellites, pouvant même définir l’épaisseur des couches sédimentaires (chaleur thermique, technologie infrarouge...)

En ce qui concerne Google Earth, sa barre de navigation est assez intuitive. Un moteur de recherche avancé est intégré (utilisant plusieurs critères de recherche) afin de situer un lieu particulier sur l’image satellitaire. En général, quelques clics suffisent. Vous pouvez utiliser la roulette de la souris pour zoomer d’avant en arrière. C’est parti !

Carthage vue par satellite
Nous allons commencer notre petite visite guidée par les ruines de Carthage, site légendaire, détruit en 146 av. J.C, situé sur la colline de Byrsa. En observant bien les lieux sur la carte du navigateur, quelques zooms nous permettent d’apercevoir ici et là, les différents édifices disséminés aux alentours (le quartier punique, les termes d’antonin, l’amphithéâtre de Carthage…). On peut même s’amuser à calculer les distances entre les différents monuments, dans le cadre d’un itinéraire précis. En effet, Google Earth affiche un outil « règle », pouvant non seulement mesurer une distance d’un point à l’autre sur la carte, mais également calculer un trajet. Pratique pour avoir une petite idée sur les distances à parcourir si on est un jour amené à faire une petite visite sur le terrain.

A quelques lieux d’ici, en scrollant vers le bas avec la souris, on peut admirer la forme atypique du port punique, situé plus au sud. On remarquera qu’il est divisé en deux parties. C’est là que les majestueux navires de la marine carthaginoise étaient entreposés. Toute une flotte légendaire qui a servis lors de batailles navales légendaires contre les Romains, durant les guerres puniques. Un petit zoom sur la partie centrale du port fait apparaître des restes de fondation, à peine visibles. Sans doute les vestiges du bâtiment amiral d’où s’effectuait la surveillance du port. On peut également obtenir plusieurs renseignements relatifs à des endroits précis, comme ces informations tirées directement de l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Un petit onglet « w » est d’ailleurs présent sur l’ensemble des monuments, il suffit de cliquer dessus pour que s’affiche une bulle informative. De plus, des centaines de photographies partagées par des visiteurs du monde entier, sont éparpillées sur l’ensemble de la carte, venant enrichir davantage le contenu.

Le rêve est permis
Continuons avec le merveilleux site de Kerkouane, situé à l’extrême nord est de la Tunisie, dans la région du Cap bon. La première chose qui nous frappe l’esprit, c’est l’aspect général du site, en forme d’escargot : En ajustant l’orientation de l’image sur la carte, on peut s’apercevoir que les quartiers d’habitations sont disposés d’une façon assez originale, épousant la forme hélicoïdale du site. Encore une fois, on peut cliquer sur les images panoramiques du site, éparpillées tout autour.

Un peu plus à l’EST, dans la région du Sahel tunisien, nous arrêtons notre souris au niveau de l’amphithéâtre d’El Jem, considéré comme étant le plus grand de l’Empire romain, après celui du colisée de Rome. En zoomant sur les innombrables parties du monument, on peut admirer la splendeur de cette construction, à travers les différentes photographies prises sur les lieux. Admirez à l’aide du bouton de rotation (en haut à droite) l’aspect régulier des arcades, disposées en plusieurs étages, ainsi que son arène centrale, de forme elliptique. Durant l’Afrique romaine, dans cet imposant édifice, se déroulaient des spectacles barbares, mettant en scène des prisonniers donnés en pâtures aux lions et autres bêtes féroces. Si vous êtes intéressé, un lien vers Wikipédia vous donnera toutes les informations nécessaires concernant ce cirque antique, avec une multitude de photos de mosaïques illustratives.

Nous nous arrêterons là, mais bien d’autres sites, tout aussi sublimes (Oudna, Utique , Dougga,Thuburbo Majus…) valent aussi vraiment le détour.

En visualisant un de ces jours, les environs de votre habitation, vous ferez peut-être une découverte majeure. Mettant à jour quelconque monument que personne n’avait jamais remarqué auparavant. Et après tout, c’est ainsi que Luca Morini, un informaticien italien, a découvert, tout à fait par hasard, en 2005, une splendide villa romaine. En utilisant le logiciel Google Earth, il a été surpris par des formes et des ombres étranges tapissaient un endroit particulier. Il a fini par contacter des spécialistes. Vérification faite, les spécialistes ont confirmé qu’il était l’heureux découvreur de cette villa, qui est en cours de fouilles actuellement. Alors si vous aimez l’aventure, allez jeter un petit coup d’œil sur les sites du coin. Le rêve est permis !

Samy Ben Naceur