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Tunisie : Après 8 ans, La Boîte Magique sur les écrans

C’est l’histoire d’un cinéaste tunisien tiraillé entre l’ultra-conservatisme paternel et son amour de la liberté. Il sera soutenu par son oncle, un projectionniste ambulant qui loge au bordel de la ville. C’est lui qui initiera le jeune Raouf à l’amour, au cinéma… à la vie.

C’est l’histoire d’un cinéaste tunisien tiraillé entre l’ultra-conservatisme paternel et son amour de la liberté. Il sera soutenu par son oncle, un projectionniste ambulant qui loge au bordel de la ville. C’est lui qui initiera le jeune Raouf à l’amour, au cinéma… à la vie.

Produit en 2002, il aura fallu attendre huit ans pour la sortie commerciale tunisienne du dernier film de Ridha Behi. «La Boite Magique» sera projeté à partir d’aujourd’hui, mardi 23 février, au CinémAfricArt du côté du centre ville de Tunis, à la salle d’ «Hannibal» à El Manar et à l’Alhambra du côté de la Marsa.

En dehors des JCC 2002 et du FIFT 2009, aucune projection grand public de ce film ne s’est tenue jusque là en Tunisie. «La Boite Magique» a fait le tour de certains festivals internationaux.

La sortie de ce film vient couronner une année riche en production cinématographique en Tunisie. Après «Les Secrets» (Eddowaha) de Raja Amari et «Un Conte de Faits» de Hichem Ben Ammar, et en attendant «Vivre Ici» (Zarzis) long métrage documentaire de Mohamed Zran dont la sortie est prévue pour le mois de mars 2010, voici que les cinéphiles tunisiens pourront enfin voir «La Boite Magique».

Avec ce film aux résonnances autobiographiques, Ridha Behi, l’une des figures les plus importantes du cinéma tunisien, revisite, sa propre enfance. Il nous fait part de ses souvenirs, longtemps refoulés, mais extériorisés dans cette «Boite Magique» aux allures de parcours initiatique.

 

Le réalisateur tunisien Ridha Behi a compté sur un casting assez exceptionnel puisqu’on trouve en tête d’affiche de «La Boite Magique» Abdellatif Kechiche (réalisateur de «le couscous et le mulet») ou encore le ténor de la chanson tunisien Lotfi Bouchnaq. On retrouvera également Hichem Rostom dans le rôle de l’oncle initiateur.

Le film raconte l’histoire de Raouf (Abdellatif Kechiche), cinéaste tunisien reconnu. Il vit avec douleur et incompréhension la dégradation de ses relations avec son épouse française (Marianne Basler). Maintenue depuis trop longtemps loin de son pays, cette femme pleine de rancœur et de lassitude rejette le confinement dans lequel elle se sent murée. Dans ce climat tendu, une télévision européenne commande à Raouf un film sur ses rapports d’enfant avec le cinéma.

La nostalgie conduit Raouf à une évocation intense de son passé et de son enfance dans sa ville natale, Kairouan. Tiraillé entre la présence oppressante de son père (Lotfi Bouchnaq), personnalité religieuse, autoritaire et sans concession, et sa découverte du cinéma, univers de rêves et de liberté, Raouf éprouve ses premières émotions et construit ses premières rébellions.

Il sera soutenu et accompagné par son oncle maternel Mansour (Hichem Rostom), un projectionniste ambulant qui loge au bordel de la ville.

C’est lui qui initiera le jeune Raouf à l’amour, au cinéma… à la vie.

En sélection officielle lors de la 59ème Mostra de Venise et récompensé par le Prix du Jury aux Journées Cinématographique de Carthage en 2002, le succès d’estime et la reconnaissance mondiale éprouvée pour «La Boite Magique» n’ont pas suffi pour que
ce film puisse avoir sa chance avec le public tunisien. Huit ans après sa production, la «Boîte Magique» sera enfin projetée sur les écrans de Tunisie. Un retard qui aura peut-être marqué le réalisateur autant que son enfance.

Thameur Mekki

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