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Tunisie : Communauté Open Source désenchantée ?

Peut-on parler d’une communauté de Logiciel Libre en Tunisie ? Non répondent les plus pessimistes qui doutent même qu’elle puisse exister dans l’avenir. Pour d’autres, au contraire, elle s’élargit de jour en jour. La communauté du libre est-elle en phase d’éclatement et de crise identitaire ?

Peut-on parler d’une communauté de Logiciel Libre en Tunisie ? Non répondent les plus pessimistes qui doutent même qu’elle puisse exister dans l’avenir. Pour d’autres, au contraire, elle s’élargit de jour en jour. La communauté du libre est-elle en phase d’éclatement et de crise identitaire ?

Peut-on parler d’une communauté de Logiciel Libre en Tunisie ? C’est la question que se sont posés quelques défenseurs de l’Open Source sur le groupe officiel du Club des Utilisateurs des Logiciels Libres en Tunisie (CULLT). A l’origine de ce débat, l’article de Tunivision sur l’éternel conflit Open Source contre Microsoft. Cet article a amené un membre du CULLT à se poser des questions sur la pérennité de la communauté Open Source en Tunisie.

«A mon avis et après une expérience modeste dans le domaine de l’Open Source la communauté tunisienne de l’Open Source n’a jamais existé» répond Ben Ammar Mossaab sur le groupe Google de ce club. «On utilisait souvent ce terme (moi même je l’ai utilisé tant de fois) mais ça restait toujours fictif. Il y a seulement quelques petits groupes et quelques individualités mais une communauté je doute fort de son existence. Je doute qu’elle existera».

«Avant de parler de l’Open Source, est-ce qu’il existe des gens intéressés par l’informatique en Tunisie ?» se demande Mohamed Ikbel Boulabiar. «Les étudiants, les ingénieurs en informatique et les profs d’info dans les universités, parlent-ils d’outils informatiques lorsqu’ils sont dans un café ? Les sujets par défaut sont sur la performance d’un joueur X ou d’une telle équipe de football européenne dominent».

Une communauté mal représentée ?

La communauté Open Source en Tunisie est-elle en phase d’éclatement et de crise identitaire ? Amine Kochlef, journaliste et fervent défenseur de l’Open Source trouve que c’est plutôt le contraire qui se passe : «la communauté Open Source ne souffre pas. Au contraire, c’est cette variété de produits et de distribution qui fait que la communauté s’élargit de jour en jour. Ce large éventail de choix alternatifs donne une plus grande sensation de liberté surtout quand c’est un produit stable, fiable, complet et en plus gratuit. L’esprit même de la communauté du libre est l’échange, le partage et l’entraide», rappelle M. Kochlef.

«Chaque nouvel adepte trouvera toujours quelqu’un pour l’aider et ça participe donc à élargir la communauté. Ceci dit, si la communauté Open source ne décolle pas en Tunisie, c’est essentiellement dû à un choix de solution de facilité. Le fameux “supposé acquis”. Beaucoup d’instances nationales continuent en effet à opter pour des systèmes d’exploitation payant dont ils ont l’habitude de manier plutôt que de choisir Linux.

Mais ce n’est pas uniquement ça, il faut prendre également en considération le retard qu’on a eu pendant quelque temps dans la diffusion et la démocratisation de l’outil informatique. Le manque de moyens au sein de la communauté elle-même fait que son travail de vulgarisation de l’open source reste encore limité».

Opensource.tn

Le ministère des technologies de la communication tunisien possède une cellule dédiée à l’Open Source. Un portail officiel est carrément dédié à la promotion du gnu et du pingouin en Tunisie, deux grands symboles de l’esprit du libre dans le monde informatique. Mais on notera toutefois que ce site a du mal à rester attractif. La dernière mise à jour des articles d’actualités remonte en effet au 3 mai dernier. Quant au calendrier des évènements, le dernier en date est celui d’une manifestation organisée à la cité des sciences de Tunis le 8 mai dernier. On trouvera également une annonce pour un séminaire sur l’open source dont la date remonte au 15 décembre 2009. La base de connaissance relative aux études des cas, s’est contentée sur l’étude de l’utilisation des logiciels libres à la STEG et à la CNRPS datant de… 2008.

Force est de constater donc que le portail officiel de la communauté Open Source peine à véhiculer l’effervescence, la réactivité et les ambitions des jeunes défenseurs des logiciels libres. Une image qui risque fort d’impacter cette communauté, et pas nécessairement d’une manière positive.

W.N

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