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Tunisie : Moncef Marzouki ne remercie pas «Baêth al qanet»

Depuis la chute de Zaba, nos chaînes de télé n’ont pas lésiné sur les plateaux (en or?) pour donner la parole aux politicards. Et nos chefs de partis se bousculent au portillon. Mais au moment où les uns s’évertuent à multiplier les apparitions, d’autres déclinent sans détour toute tentative de récupération.

 

 

Depuis la chute de Zaba, nos chaînes de télé n’ont pas lésiné sur les plateaux (en or?) pour donner la parole aux politicards. Et nos chefs de partis se bousculent au portillon. Mais au moment où les uns s’évertuent à multiplier les apparitions, d’autres déclinent sans détour toute tentative de récupération.

Moncef Marzouki, connu pour ne pas être habitué à garder la langue dans sa poche, n’y va pas par quatre chemins. Dans un article posté le 14 juillet surAljazeera.net  le président du Congrès Pour la République (CPR) est sorti de ses gonds. «Un responsable d’une chaîne privée m’a invité à aller rencontrer son patron. Je lui ai appris que je suis prêt à l’accueillir dans mon bureau s’il tient à me voir. Dès lors, mon interlocuteur a rétorqué que tous les hommes politiques qui ont été précédemment conviés par le propriétaire de la chaîne ont consenti sans sourciller» écrit Moncef Marzouki. Et il poursuit: «Sans vouloir m’appesantir sur l’insolence de l’homme, je pense que le vrai problème vient de la faiblesse des représentants de partis qui se sont rués sur son bureau pour passer sur sa chaîne, en faisant par la suite son éloge, alors qu’ils savent pertinemment que le patron de cette chaîne les instrumentalise pour redorer son blason et présenter sa candidature aux présidentielles».

Pourquoi cracher dans la soupe de «Baêth al qanet»?

Moncef Marzouki a, par ailleurs, dénoncé dans son article les dérives ressenties chez les autres acteurs de notre paysage médiatique. Il notera en effet les mêmes pratiques exercées par une deuxième chaîne diffusée à partir de Londres dans le but de servir son propriétaire à des fins politiques. Sans pour autant épargner la troisième chaîne privée, qui selon lui, oriente ses émissions dans l’intérêt de certains courants politiques en excluant de ses programmes tous ceux qui s’y opposent. Autant dire que sur le petit écran, on fait encore deux poids deux mesures. Même si cet avis ne fait pas l’unanimité chez les hommes politiques de Tunisie. On relèvera en l’occurrence les déclarations laudatives de Abdelfattah Mourou, Hamma Hammami, Rached Ghannouchi, Mustapha Ben Jaâfar et tant d’autres, saluant l’accueil hospitalier de Hannibal Tv et sa contribution à l’enrichissement du débat politique dans nos contrées. La même chaîne qui a tendu le micro à des citoyens aux abois, issus de plusieurs localités démunies pour médiatiser leurs revendications. Mais là où le bat blesse, c’est lorsque les habitants de ces zones défavorisées détournent l’occasion de faire parvenir un cri de détresse aux autorités pour verser dans la propagande en appelant «baêth al qanet» à se porter candidat aux présidentielles.

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Le Bad Buzz de «Baêth al qanet» sur Facebook!

Les reportages de Hannibal Tv ne sont pas passées inaperçues sur la Toile. Et nos internautes ont encore une fois prouvé qu’ils sont prompts à réagir au quart de tour pour tourner en dérision l’effet «Baêth al qanet». Des dizaines de pages Facebook ont du reste été créées pour remercier le promoteur de la chaîne. Leurs appels se divisent ainsi d’une part entre ceux qui conjurent Mark Zuckerberg de changer le bouton «j’aime» par un remerciement à «Baêth al qanet» et d’autre pour l’édification d’un mausolée portant le logo de sa chaîne. Et même Wikipedia ne s’est pas retenue d’enfoncer le clou dans la conclusion du texte publié sur la page  qui lui est dédiée. Captain Khobza ira quant à lui pousser le bouchon un peu plus loin en lui consacrant un épisode à part entière de sa série de capsules «Démocratie 5obziste».

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Signalons finalement que le fait de mettre son propre média à profit pour lancer, le cas échéant, une campagne électorale n’est pas tout à fait nouveau. Le président du conseil des ministres italien, Silvio Berlusconi a auparavant fait l’objet de de plusieurs critiques  concernant la possession de Mediaset parallèlement à l’exercice de ses activités politiques à la tête du gouvernement italien. Et quand on sait que Berlusconi a aussi ses entrées dans certains médias tunisiens…

Mohamed Jebri

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