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Tunisie – ISET: Etudiants et enseignants se révoltent

Les différents instituts supérieurs des études technologiques tunisiens ont appelé à une grève générale ouverte, pour dénoncer les décisions ministérielles relatives à l’avenir de leur formation. Reportage à ISET Radès.

 

Les différents instituts supérieurs des études technologiques tunisiens ont appelé à une grève générale ouverte, pour dénoncer les décisions ministérielles relatives à l’avenir de leur formation. Reportage à ISET Radès.

Les salles étaient vides ce mardi 27 novembre A l’ISET Radés. Aucun cours n’a été donné depuis hier, où une grève ouverte a été entamée. Le conseil scientifique a démissionné, et plusieurs chefs de départements menacent de démissionner eux aussi, au cas où leurs revendications ne seront pas prises en considération. Cette décision émanant du ministère de l’Enseignement Supérieur consiste à diminuer le nombre de modules étudiés par semestre de 7 à 2 modules uniquement. «Ceci diminue la qualité de l’enseignement proposé aux étudiants, risque de les priver d’accès à un Master, et aura des répercussions sur leurs recrutements sur le marché d’emploi.» nous déclare Wael Dridi étudiant en génie électrique et membre d’un collectif créé spécialement pour dénoncer cette décision et demander son annulation.

Les grèves dans les ISET annoncées vendredi 23 novembre ont été suivies par les déclarations du ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi, Abdelwahab Maatar, concernant un possible rattachement de ces établissements universitaires à son ministère. Ces propos ont été infirmés par le ministère de l’Enseignement supérieur qui a précisé dans un communiqué publié lundi 26 novembre «Les ISET sont des établissements universitaires relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique».

Achouri Hamadi membre lui aussi du comité demandant l’annulation de la récente décision ministérielle relative à la formation dans les ISET souligne : «Il ne faut en aucun cas détourner les raisons de notre grève vers les déclarations du ministre de l’emploi. Nous refusons ces propos à propos d’un rattachement de l’ISET à la formation professionnelle, toutefois notre demande est d’annuler la décision ministérielle du 19 octobre 2012 publiée au journal officiel sous le numéro 87», et d’ajouter «Notre grève restera ouverte jusqu’à ce qu’on réponde à nos revendications».

A l’ISET, il n’ya pas que les étudiants qui se révoltent. Les enseignants font aussi savoir leur mécontentement des conditions de travail. Lundi 26 novembre, le conseil scientifique de l’ISET Radès a démissionné. Aidi Marzouki, enseignant technologue et membre du conseil scientifique démissionnaire déclare : «La démission collective du conseil était une réponse à la négligence des autorités de tutelle face à nos revendications d’instaurer des laboratoires de recherche et du développement scientifique ainsi que l’humiliation du rôle du conseil».

Les revendications des enseignants touchent également la question des salaires traitée différemment entre les enseignant de l’ISET (appelés technologues) et les enseignants dans les autres établissements universitaires. «Nous annonçons une grève des enseignants de l’ISET Radés le 6 et 7 décembre 2012 suite au blocage au niveau des négociations entre l’UGTT et le ministère de l’Enseignement Supérieur, à propos des augmentations à accorder au corps des enseignants technologues qui ne respecte pas le principe de l’équivalence avec les autres grades des enseignants chercheurs» déclare M. Marzouki, qui conteste également «le refus du ministère de permettre aux étudiants de passer leurs master à l’ISET». Membre du bureau syndical, il affirme le soutien du syndicat à la grève des étudiants. «Notre qualité d’enseignement est irréprochable et nous méritons plus de suivi de la part des services concernés» déplore-t-il.

Chaima Bsibes

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