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Cachez ce marque-page que je ne saurais voir:Quand des dictons tunisiens créent la polémique

Cela devient un véritable réflexe pour le Facebooker tunisien, poster tout ce qui le dérange sur Facebook sans vérification. Et c’est arrivé cette semaine avec une jeune lectrice qui a relaté une mésaventure vécue à la Libraire Al Kitab de Tunis.

La jeune fille s’est vue offrir des marques-pages contenant des proverbes tunisiens bien épicés,  mais personne ne peux nier qu’ils font bel et bien partie des dictons populaires bien que choquants pour les plus puristes.

Voici le poste de la jeune étudiante : Une réelle déception vis-à-vis de Librairies Al Kitab du centre ville. J’y suis allée avec ma mère pour acheter mes livres de prépa, on passe à la caisse et là je demande qu’on me donne simplement un marque-page, chose tout à fait habituelle chez la plupart des librairies. N’y prêtant pas une grande attention, on rentre pour découvrir un marque-page rempli d’insultes et de grossièretés.

Apparemment chez Al Kitab, il ne suffit pas d’orner leurs petits cadeaux d’insultes en Arabe, il faut les écrire mais aussi les traduire en Français. Voilà que culture et éducation riment de nos jours avec insolence et vulgarité.

Chapeau bas librairie Al Kitab pour « 9ilet la7yé » dont vous avez fait preuve. Etre cultivé n’a-en effet- jamais signifié être mal élevé ou dépasser les limites du respect mutuel. Pour moi, ça ne peut être qu’un signe d’ignorance déplorable.

Ce qu’on m’a donné n’est pas accueilli de la même sorte par tout le monde, ce n’est pas une source de modernité et de culture mais une insulte, un acte scandaleux pour un lieu de lecture et de développement intellectuel.

Un vrai coup dur pour l’image que nous vend une librairie aussi renommée.

La Libraire AL Kitab a répondu sur son profil Facebook à cette polémique qui a pris des proportions énormes sur Facebook allant même jusqu’à appeler au boycott de la libraire en question l’accusant de diffuser des vulgarités.

Al Kitab a expliqué que ces marques-pages sont distribués par l’éditeur du livre « Tranches de vie et pain perdu » de Gilles Jacob Lellouche, un livre qui expose des recettes ancestrales tunisiennes ainsi que des dictons populaires et des petites histoires. Le marque-page est destiné à un public averti ou aux acquéreurs du livre. Le caissier s’est simplement trompé en l’attribuant à un cliente ordinaire.

Cette agitation a réussi néanmoins à créer un buzz autour du livre de Gilles Jacob Lellouche qui,  n’en déplaise aux plus conservateurs, expose une tranche de l’histoire tunisienne et des proverbes émis par nos aïeuls. Une partie de notre patrimoine linguistique que la nouvelle génération voudrait censurer sous les traits de la pudeur, à voir le flux des commentaires accusateurs et scandalisés.

Gilles Jacob Lellouche a réagit à cet affaire avec un statut bien propre à lui. Bien évidement, les puristes peuvent stopper tout de suite leur lecture, car l’auteur ne mâche jamais ses mots…

” Je pense qu’une petite mise au point s’impose suite a cette polémique autour d’un marque page offert par une librairie de Tunis à une pisse vinaigre. Oui le livre “Tranches de vie et Pain perdu” dont je suis l’auteur, avait été censuré par le ministère de la culture (selon les dires de mon editrice)… Aussi nous avions remplacé dans cet ouvrage certains mots qui avait été jugé grossier (bien qu’appartenant au patrimoine linguistique tunisien) par des “biiiip” et des “tiiiiiit”. Nous avons aussi pensé qu’il serait utile à nos lecteur d’avoir la version officielle des proverbes, que nous avons regroupé dans un marque page que nous proposions gratuitement à toutes les personnes qui en achèteraient un exemplaire (humouuuuuuur). La personne qui a porté sur le net cette information, aurait peut être préféré que nous imprimions sur ce marque page, les fameux vers de Abou Nawess où il décrit en substance, la nuit qu’il a passé à baiser une femme alors qu’il se faisait enculer par un ghoulem… Tellement plus soft qu’un pauvre proverbe Tunisien où l’on conseille d’épouser la prostituée plutôt que sa fille… (La prostituée peut être une fille de famille alors que sa fille ne sera jamais qu’une fille de pute… ) vous pouvez clore le débat et reprendre une activité normale… Pour le moment le bouquin est épuisé et moi avec !”

S.B.

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