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“Thala mon amour” de Mehdi Hmili: Ode à une Tunisie oubliée et à la femme militante

Il était une fois Thala, il était une fois une histoire d’amour, « Thala mon amour ». Encore un autre film sur les événements de la révolution tunisienne ou la révolte qui a frappé la Tunisie en 2011, dirait-on, mais non, le premier long-métrage du jeune réalisateur Mehdi Hmili n’a pas choisi ‘Tunis’ comme champ d’action. Il a préféré revenir avec sa caméra là où le jasmin ne fleurit pas, plus précisément à Thala et El Kasserine.

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Bras de fer entre passion et amour de la patrie

La fiction dramatique «  Thala mon amour » se situe en janvier 2011, au cœur des bouleversements qui ont précédé la révolution du 14 janvier, avec des actions qui se situent entre les villes marginalisées de Thala et Kasserine. Le spectateur se retrouve oscillant entre deux histoires qui se rejoignent à la fin. Celle de Hourya (Najla Ben Abdallah) qui est en apparence une ouvrière lambda mais qui bouillonne de l’intérieur et œuvre pour changer les choses et Mohamed, un ex prisonnier politique sous le régime de Ben Ali qui s’est évadé de prison pour retrouver son amante.

Hourya (impliquée dans l’insurrection du bassin minier en 2008) suit de près sur les réseaux sociaux les soulèvements qui se déclenchent un peu partout en Tunisie et œuvre en cachette pour les soutenir. Mohamed (Ghanem Zrelli) semble perdu, désemparé et ne croit plus dans tout ce qui se passe… Il a perdu tout espoir en un avenir meilleur et tout ce qui compte à ses yeux c’est partir et retrouver Hourya.

Mohamed qui ère dans les buissons se fait capturer par Belgacem (brillamment interprété par Moez Baatour), l’antagoniste qui reflète un personnage marginal mais qui constitue le fil conducteur de l’intrigue. Il se résoudra au final à l’aider lui et sa mère (Fatma Ben Saidane), image de la paysanne qui veut participer au changement avec ses pauvres moyens…

Thala comme telle, délabrée, délaissée mais agitée et rêveuse

Le film montre une image du ouest tunisien sans artifice avec son lot de saleté, délabrement et nonchalance.  Les personnages principaux aussi le sont à leur manière, à leur façon de s’habiller, la simplicité des mets qu’ils partagent, l’usage des gros mots et leur désinvolture, qui choque mais qui existe bel et bien.

Mehdi Hmili a voulu présenter un film personnel qui parle de sa Thala à lui, sa ville natale avec ses imperfections, ses hommes et surtout ses femmes qui ne sont pas si belles mais tellement courageuses. Une ode à la femme courageuse et militante de tout âge qui lutte sans même comprendre pourquoi mais qui sait qu’elle doit faire face à l’injustice qui règne.

Malgré son titre qui suppose une histoire romantique, la dimension dramatique prend le dessus, le véritable visage de la révolte est dénudé, dans toute sa laideur, aussi fidèle que possible à cette réalité qu’on persiste à camoufler. L’amour de la patrie supplante l’histoire d’amour entre les deux personnages principaux.

Thala mon amour est dédicacé à « ceux qui y croient encore » et le champ est ouvert à des interprétations multiples, à ceux qui croient encore à l’amour, à la patrie, à la lutte, à une révolte qui doit se poursuivre, à un calme qui doit s’installer… Une fin qui reste ouverte, et qui place le spectateur au cœur de ce fameux croisement sans savoir ou aller…

Bande annonce du film Thala Mon amour :

Le film Thala mon amour, qui concourt pour le Tanit d’or de la compétition officielle des JCC 2016, est le premier film tunisien réalisé et produit par des jeunes qui n’ont pas encore 30 ans. Il sera projeté dans les salles suivantes :

– Colisée : Le 01/11/2016 à 18:00 H (Avant Première Mondiale)
– ABC : Le 03/11/2016 à 20:30 H
– Amilcar : Le 05/11/2016 à 16 H

Sara Tanit

 

 

 

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