Gabès Cinéma Fen 2026 , le cinéma arabe à l’honneur, l’image comme forme de résistance : les films de la 8e édition
Gabès Cinéma Fen 2026 se déroule du 26 avril au 2 mai 2026, à Gabès et ses environs. Une huitième édition ambitieuse et toujours aussi engagée du festival GCFen qui propose une programmation riche et variée célébrant l’image comme acte de résistance et de résilience.

Le ton est donné dès l’inauguration avec une création artistique intitulée “Palestine : Une nouvelle narration” à la croisée du cinéma et de la performance musicale. Une œuvre immersive présentée pour la première fois en Tunisie, portée par l’artiste, pianiste et compositrice libanaise Cynthia Zaven le 26 avril au complexe culturel Mohamed Bardi.
Une programmation ambitieuse célébrant le cinéma comme acte de résistance, de mémoire et de résilience est avancée. Fidèle à son identité, le festival Gabès Cinéma Fen propose une sélection exigeante, profondément ancrée dans son territoire tout en restant ouverte sur le monde, où les films invitent à regarder sans détour les fragilités du réel, les corps et les récits contemporains.
Cinéma arabe et cinéma du monde : une sélection forte et engagée
Le cinéma arabe occupe une place centrale avec 8 films (5 fictions et 3 documentaires). Parmi eux, The President’s Cake du réalisateur Irakien Hassan Hadi explore, à hauteur d’enfant, l’absurdité d’un système oppressant, tandis que All That’s Left of You de la palestinienne Cherien Dabis plonge dans une tension dramatique intense, déplaçant le cinéma vers une zone éthique fragile, presque irrespirable.
Le cinéma tunisien est représenté avec le film Exil de Mehdi Hmili. Le film Yunan du syrien Ameer Fakher Eldin , propose une réflexion visuelle sur un monde fragmenté. Dans Un mode fragile et merveilleux du libanais Cyril Aris, l’image -fiction est là pour raconter le Liban à travers une histoire d’amour qui s’étend sur trois décennies.
Côté documentaire, des œuvres comme Khartoum ou With Hassan in Gaza du palestinien Kamal Aljafari et Souraya Mon Amour du libanais Nicolas Khoury l’image interrogent le rapport à l’image et à la mémoire.
Le Cinéma Monde complète ce programme avec des films marquants comme Oh! What Happy Days du réalisateur iranien Homayoun Ghanizadeh, ainsi que les documentaires Afternoons of Solitude et Memory. Trois films où l’image bouscule le réel et l’imaginaire pour mieux nous interpeller.
Sections spéciales, jeunes talents et hommages
L’édition 2026 du GCFen met également en lumière la création contemporaine à travers plusieurs sections : les courts-métrages internationaux (dont L’mina et Le Fardeau des ailes), ainsi que Ciné-Promesse, dédiée à la nouvelle génération tunisienne. Une rétrospective sera consacrée au cinéaste Oliver Laxe, accompagnée d’une masterclass.
Dans la partie Installation filmique, le documentaire « Qui vit encore » de Nicolas Wadimoff où l’image est dans tous ses états elle archive résiste insiste à travers les voix des personnages gazaouis là où tout tend à disparaître.
Le festival proposera aussi une projection spéciale de The Voice of Hind Rajab, suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Kaouther Ben Hania. Dans la section Ciné-classiques, la marraine Hend Sabry met à l’honneur des œuvres patrimoniales, avec un hommage à Fadhel Jaziri et Ali Badrakhan.
Et comme chaque année, Gabès Cinéma Fen aborde des thématiques actuelles à travers Ciné-Terre, dédié aux enjeux écologiques, et Ciné-Kid’z, pensé pour le jeune public avec des films comme Hola Frida.
L’édition 2026 confirme ainsi son positionnement unique : un festival où l’image devient un espace de réflexion, d’engagement et de dialogue entre les cultures, tout en valorisant les talents émergents et les récits du monde.
Tekiano avec GCFen