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Le Club Africain Champion de Tunisie 2026, le club de Bab Jedid célèbre son 14e titre

Le Club Africain Champion de Tunisie 2026, le club de Bab Jedid célèbre son 14e titre

Le Club Africain retrouve enfin les sommets du football tunisien. En quête d’un titre national depuis 2015, le club de Bab Jedid met ainsi un terme à une longue traversée du désert grâce à un sacre décroché au bout d’un derby haletant, marqué par une fin de match dramatique, qui restera gravée comme l’un des moments les plus intenses de l’histoire du derby de la capitale.

Le Club Africain s’adjuge le 14e titre de champion de Tunisie, brisant ainsi onze années de disette. Un succès étriqué et symbolique face à son éternel rival, l’Espérance de Tunis (1-0),lors du derby tunisien qui s’est déroulé le 10 mai 2026 à Radès, qui scelle une saison de maîtrise absolue, construite sur une défense de granit et une régularité de métronome.

L’entraineur Faouzi Benzarti, un pari gagnant

A 76 ans, l’entraineur Faouzi Benzarti, fin technicien a su inculquer à son groupe une discipline sans faille, transformant chaque match en un étau où l’adversaire finissait par étouffer. Si l’attaque clubiste a fait preuve d’efficacité (43 buts marqués, deuxième derrière les 45 de l’Espérance), c’est bien la solidité arrière qui a fait la différence.

Les deux revers en 30 journées rappellent que le Club Africain a presque toujours su verrouiller ses rencontres, muselant ses adversaires avec une rigueur tactique propre à Faouzi Benzarti, doyen des techniciens tunisiens.

Le classement final en dit long sur la suprématie du club : 66 points récoltés après 19 victoires, 9 nuls et seulement 2 défaites. Une stabilité qui a permis à l’équipe de devancer de trois points son concurrent direct, l’Espérance ST (63 pts) et de quatre longueurs sur le CS Sfaxien (62 pts).

Mais le chiffre le plus sidérant reste celui des buts encaissés : 10 petits buts en 30 matches. Cette imperméabilité défensive, la meilleure du championnat tunisien, a constitué le socle du titre.

Dès l’entame du championnat, Faouzi Benzarti a érigé une muraille en conservant la même ossature arrière pour favoriser les automatismes. Le quatuor Oussama Sehili, Ghaith Zaalouni, Hamza Ben Abda et Ali Youssef, puis l’Algérien Taoufik Cherifi après le départ à l’inter-saison du Libyen pour Nantes, a verrouillé les couloirs et la charnière centrale.

Derrière eux, le gardien Mouhib Chamekh, révélation de la deuxième moitié de saison, a confirmé son émergence avec 17 clean sheets, s’imposant comme l’un des tout meilleurs portiers de la saison. Une défense de fer qui a offert au club rouge et blanc une assise quasi parfaite.

L’arrivée de Benzarti sur le banc n’avait pourtant rien d’une évidence. Après le choix du comité de gestion de confier l’équipe à Mohamed Sahli, le nouveau comité directeur élu fin juin, emmené par Mohsen Trabelsi, s’est tourné vers le technicien chevronné Faouzi Benzarti, considéré comme l’homme de la situation. Les dirigeants jouaient la montre pour viser le titre, un pari de taille dans un contexte financier fragile.

La suite leur donna raison. Benzarti a insufflé un état d’esprit conquérant et une volonté de défi à une équipe qui n’avait plus gagné le championnat depuis 2015. Sa philosophie, fondée sur une rigueur tactique, a fait du Club Africain la formation la plus régulière de l’exercice.

Résultat : 23 matchs sans défaite et un titre décroché dès l’avant-dernière journée, lors d’un derby d’anthologie. L’expérience de Benzarti, ses décennies de succès en Tunisie et à l’étranger, sa science des grands rendez-vous : tout a convergé pour que ce sacre porte son sceau.

Un collectif huilé, un public en fusion et une direction inspirée

La force du Club Africain version 2025-2026 ne s’est pas limitée à sa défense. Le milieu de terrain, régulièrement ajusté selon l’adversaire tout en conservant des constantes, a été le cœur battant de l’équipe.

Moataz Zemzemi, le joueur le plus utilisé à l’entre-jeu, a été le métronome, épaulé par la recrue gambienne Saïdou Khan et le Libyen Oussama Cherimi. Ce triangle a brillé dans les matchs décisifs, assurant l’équilibre entre récupération et projection, et contribuant à une série remarquable d’invincibilité.

Devant, le retour au premier plan de Firas Chaouat a illuminé la saison. L’attaquant, qui avait relancé sa carrière à l’Etoile du Sahel, a choisi le Club Africain pour parachever sa renaissance.

Sous les ordres d’un entraîneur qui sait sublimer les talents, Chaouat a enchaîné les buts jusqu’à décrocher le titre de “capocannoniere” du championnat avec 14 réalisations, soit le tiers du total de son équipe. Il a bénéficié du renfort hivernal d’Aymen Harzi, dont l’apport a densifié le front offensif, et de la complémentarité de Hamza Khadhraoui, autre artisan majeur de cette campagne victorieuse.

Aucune réussite n’aurait été possible sans le 12e homme. Le public clubiste a été le moteur de cette saison, par sa présence massive et record à tous les matchs, quel que soit l’adversaire.

Son soutien indéfectible, en particulier dans les moments critiques traversés par les coéquipiers de Bilel Aït Malek, a transcendé les joueurs. Mais l’engagement des supporters ne s’est pas arrêté au stade : en adhérant aux initiatives lancées par le comité directeur, ils ont contribué de manière décisive à renflouer les caisses du club.

Le titre en poche, le Club Africain va retrouver la Ligue des champions de la CAF pour l’édition 2026-2027, une compétition qu’il n’avait plus disputée depuis la saison 2018-2019. Un rendez-vous avec son histoire continentale, celle qui l’a vu offrir au football tunisien son premier sacre en Coupe d’Afrique des clubs champions en 1991.

Ce 14e titre pourrait marquer le début d’un nouveau cycle pour le Club Africain. Fort d’une identité retrouvée, d’un collectif solide et d’un public plus uni que jamais derrière son équipe, le club retrouve le sommet du football tunisien et pourra désormais nourrir des ambitions sérieuses sur la scène continentale.

Tekiano avec TAP

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