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Majida El Roumi au festival de Carthage 2026:  l’allure d’un dernier concert livré du cœur émotion et sincérité

Majida El Roumi au festival de Carthage 2026:  l’allure d’un dernier concert livré du cœur émotion et sincérité

Le pari gagnant du Festival international de Carthage 2026, c’était elle. Pour clôturer la 60e édition en beauté, le festival a choisi la voix angélique venue du pays du Cèdre : Majida El Roumi, la diva libanaise avec laquelle les millennials ont appris à aimer et ont cru en la beauté des sentiments en écoutant ses chansons.

Celle qui a longtemps représenté la grâce, la finesse et l’image de la jeune fille modèle aux yeux de milliers d’adolescents des années 80 et 90, mais aussi des générations plus jeunes, séduites par une modestie et une élégance devenues rares… El Mjida incarne toujours, à 69 ans, tout cela.

Une artiste timide et humble, mais séduisante, une présence discrète et mesurée, mais impactante, une voix mélodieuse, mais solide et puissante, une féminité maîtrisée, tout en retenue, mais captivante.

Ambassadrice de la paix, Majida El Roumi a commencé sa carrière dans les années 70. Elle a toujours affirmé que son véritable lancement avait eu lieu en août 1980, sur cette même scène de Carthage, où la fusion et l’entente avec le public carthaginois avaient contribué à propulser la carrière de l’artiste à l’échelle internationale.

« Aujourd’hui, ce n’est pas un concert ordinaire, je veux cette soirée comme une véritable fête de mariage, nous allons chanter ensemble pour la paix et l’amour », avait déclaré Majida El Roumi au début de son concert au Festival international de Carthage 2026. Elle était accompagnée par une trentaine de musiciens et de choristes, dont des artistes tunisiens, sous la direction du maestro Marco Abu Naoum.

Une particularité qui a fait la force de Majida El Roumi est son interprétation de chansons à texte. Elle a chanté les mots des plus grands, de Nizar Kabbani à Mahmoud Darwich. La soprano libanaise chante l’amitié, l’amour, la paix, la passion, la révolte et la compassion avec ‘Kalimat’, ‘Kon Sadi9i’, ‘3am yesalouni’, ‘Ismaâ albi’ et ‘Matrahak bi albi’., ‘Ouhebouka Wa Baad’, ‘eb7ath 3anni’, “Aynek layali sayfiya’…. et plein d’autres titres qui ont bercé des générations rêveuses.

Majida El Roumi est connue pour avoir popularisé des poèmes en arabe littéraire, mais aussi pour son engagement sans faille en faveur de la paix dans le monde, et particulièrement dans son pays, le Liban, un pays où l’on combat la guerre en chantant, en dansant et en conservant un optimisme sans faille, parfois à la limite de l’orgueil.

Sa relation avec le public tunisien a toujours été très spéciale. Depuis qu’elle a rencontré les Tunisiens pour la première fois, il y a 46 ans, le public tunisien partage avec elle ses soirées, en chantant par cœur ses chansons, en interagissant avec elle et en s’enthousiasmant à chaque danse, chaque vocalise, chaque mouvement.

La diva libanaise a remercié ce public en interprétant en tunisien un cocktail de chansons très populaires de Saliha et Hédi Jouini, partie intégrante du patrimoine tunisien. Une clôture en apothéose.

À la fin du concert de Majida El Roumi à Carthage, sur cette scène qui a vu ses débuts et probablement ses derniers moments mémorables, c’est un seul sentiment qui vous envahit; le désir de rentrer chez soi et d’embrasser ses vieux souvenirs, d’insérer une cassette dans un Walkman, aujourd’hui vintage, et de s’envoler avec les mots, de réécouter en boucle Kalimet…ne demeure à la fin que des mots…

Sara Tanit

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