Manifestation “Sortir au théâtre” de retour à la Cité de la Culture de Tunis : huit pièces tunisiennes à découvrir gratuitement
La manifestation “Sortir au théâtre” est de retour pour une septième édition prévue du 25 septembre au 1er octobre 2026 à la Cité de la Culture de Tunis avec huit pièces de théâtre tunisiennes récentes qui sont distinguées, et abordant des sujets divers.
Organisée par le Théâtre de l’Opéra de Tunis, parallèlement à la période de la rentrée scolaire et culturelle, cette manifestation qui se présente en 2026 sous le slogan “Sortir au Théâtre… Sortie à la vie” invite le public à assister gratuitement sur réservation à des productions qui constituent une vitrine vibrante de la création dramatique tunisienne actuelle.

Née il y a sept ans au cœur de la crise sanitaire comme un acte de résistance des gens du théâtre face à la pandémie, la manifestation est devenue un rendez-vous incontournable de la rentrée culturelle.
Elle symbolise une « sortie hors du confinement et de la peur vers les horizons de la liberté » et propose cette année encore une programmation réunissant des metteurs en scène confirmés et de nouvelles voix de la création théâtrale tunisienne.
Pendant sept jours, le public pourra découvrir huit spectacles répartis entre le Théâtre des Régions et la Salle des Jeunes Créateurs. Les représentations seront également accompagnées de débats ouverts au public dans le hall du Théâtre de l’Opéra, favorisant les échanges autour des œuvres et de leurs thématiques.
Théâtre des Régions : six spectacles entre mémoire, société et identité
La programmation s’ouvre le vendredi 25 septembre à 19h avec « Holm » (« Rêve(s) »), mis en scène par Fadhel Jaïbi (Production : Familia Production et Founoune Distribution).
La pièce se déroule dans un immeuble du centre-ville de Tunis après l’assassinat d’une femme subsaharienne enceinte. Autour de ce drame se croisent plusieurs personnages, dont une propriétaire, une auxiliaire de vie, un gardien, une journaliste et un mystérieux personnage vocal.
Le dimanche 27 septembre, « Sarab » (« Mirage »), de Hafedh Khlifa, (Production : Société Fanno Adheffatein, Kébili),,entraîne le public dans le désert à la rencontre de trois femmes qui ont fui des situations difficiles.
Après avoir été abandonnées par une tempête en plein désert, elles croisent un homme expérimenté et un jeune homme. Leurs histoires personnelles et les blessures du passé se dévoilent progressivement dans cette pièce produite à Kébili.
Le lundi 28 septembre, Marouane Missaoui présente « Fondu Noir », une production du Théâtre de l’Opéra de Tunis. Dans un ancien entrepôt, des inconnus réunis par le hasard sont confrontés à un mur mystérieux qui fait ressurgir des souvenirs enfouis. La pièce explore ainsi la mémoire, les blessures du passé et l’impossibilité d’effacer complètement certaines traces.
Mardi 29 septembre, « Nouma », mise en scène par Dalila Meftahi, (Production : Théâtre du Peuple, Tunis), plonge dans l’univers d’un hôpital psychiatrique. Une écrivaine confrontée au suicide de sa fille tente de surmonter une profonde culpabilité et refuse de renoncer à son désir de rejoindre sa fille.
Les séances de thérapie deviennent progressivement un face-à-face intense avec le deuil, la dépression et la souffrance psychologique.
Le mercredi 30 septembre, le Théâtre National Tunisien présente « Jaras » (« Cloche »), mise en scène par Assem Bettouhami. À partir d’une soirée réunissant plusieurs invités, la pièce explore les mondes invisibles, la mémoire intérieure et cette zone intermédiaire où se rencontrent les notions de vie et de mort. Elle interroge notamment ce qui demeure latent dans l’existence humaine.
La programmation du Théâtre des Régions s’achève le jeudi 1er octobre avec « Résidence de Chahira », d’Abdelaziz Meherzi, coproduite par le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Télévision Tunisienne. Chahira dirige une résidence fréquentée par des hommes convaincus que l’argent et le statut leur permettent de tout obtenir. Face à un personnage ouvertement misogyne, elle utilise intelligence, ruse et élégance pour inverser le rapport de force.
Salle des Jeunes Créateurs : deux créations entre tragédie et humour
Le samedi 26 septembre à 19h, « Hamlet, comédie de la mort », (Production : Société Aristophane, Béja) mise en scène par Kbeib Ayari, revisite la célèbre tragédie de Shakespeare sur un mode décalé.
Huit comédiens et huit chaises suffisent à transformer la structure traditionnelle du récit, brouillant les frontières entre tragédie et comédie et proposant une lecture originale du personnage de Hamlet.
Enfin, le dimanche 27 septembre à 17h, « La Mort », de Lazhar Farhani, (Production : Société Jugurtha, Le Kef), raconte la rencontre entre Ammar, fossoyeur vivant seul après avoir enterré les morts durant la journée, et Msolah, un homme marginal profondément attaché à la tombe de sa mère.
Leur relation évolue de la compassion à une véritable solidarité, jusqu’à un destin commun marqué par la misère. La pièce choisit ainsi de confronter la mort à un humour parfois grinçant.
Avec cette septième édition, « Sortir au théâtre » confirme son ambition de rapprocher le public de la création dramatique tunisienne tout en offrant une programmation accessible au plus grand nombre.
Le rendez-vous est ouvert aux professionnels du théâtre comme aux amateurs. Le théâtre de l’opéra rappelle que l’accès aux spectacles est entièrement gratuit, avec réservation préalable auprès des guichets.
Tekiano