L’orchestre italien Rondò Veneziano s’est présenté sur la scène du festival de Carthage 2026 lors d’une soirée mémorable offrant au public tunisien une parenthèse hors du temps, mardi 04 aout 2026, marquée par des musiciens abordant des costumes du XVIIIᵉ siècle, la magie des mélodies baroques et des projections vidéo des canaux vénitiens, en plus d’une annonce inattendue du maestro Gian Piero Reverberi.
La scène de Carthage a offert un véritable voyage baroque porté par le décor et les costumes d’époque en présence de quinze violons qui ont donné le ton dès les premières minutes, aux côtés d’un piano installé au centre de la scène, véritable colonne vertébrale de la soirée.
Une trentaine d’artistes composaient l’ensemble Rondò Veneziano, dont sept musiciennes vêtues de robes longues très ornementées et coiffées de perruques élaborées, rappelant l’esthétique du XVIIIᵉ siècle vénitien. Le reste de la formation avait opté pour le noir, choix symbolique évoquant la noblesse et la majesté propres à l’identité du groupe.
Cette attention portée à l’image fait partie intégrante de la signature artistique de Rondò Veneziano, qui transforme chacune de ses représentations en une expérience à la fois sonore et visuelle.
Sur un écran géant, des images de Venise défilaient tout au long du concert : canaux, carnavals et palais historiques venaient prolonger l’atmosphère, comme si la salle elle-même se muait en promenade vénitienne.
Le concert s’est ouvert sur “Station di Venezia”, morceau rythmé sorti en 1993, avant de laisser place à des compositions plus douces comme “Magico incontro” ou “Danza mediterranea”, introduite par un solo de piano.
Le titre “San Marco”, en référence à la célèbre place vénitienne, a lui aussi marqué les esprits, tout comme “Perle d’Oriente”, interprété par Gian Piero Reverberi lui-même au piano, porté ensuite par les cordes et les percussions.
La setlist a également fait la part belle à des classiques du groupe, parmi lesquels “La Giudecca”, “Casanova”, “Sinfonia per un Addio”, “Marco Polo” ou encore “Misterioza Venezia”.
Ces œuvres originales, composées par Reverberi, mêlent influences baroques et sonorités contemporaines, avec par moments des accents rappelant les concertos de Vivaldi.
Rondò Veneziano fondé en 1979, a vendu plus de 25 millions d’albums à travers le monde grâce à ce style unique alliant musique baroque, pop et sonorités modernes. C’est un projet né d’une volonté de bousculer les tendances musicales de son époque.
Alors que les sonorités disco et électroniques s’imposaient sur la scène internationale, le compositeur Gian Piero Reverberi a fait le choix de remettre les instruments classiques au cœur de la création.
Son objectif était de démontrer qu’une musique inspirée du répertoire baroque pouvait séduire un large public, à condition d’être revisitée avec une sensibilité contemporaine, tout en préservant sa richesse artistique et son niveau d’exigence.
Gian Piero Reverberi, le pianiste, compositeur et chef d’orchestre italien fondateur de Rondò Veneziano âgé de 87 ans, a révélé que cette date à Carthage marquait son dernier passage à la direction de l’orchestre, laissant désormais la baguette au pianiste du groupe afin qu’il puisse pleinement exprimer sa créativité.
Sur scène, le maestro s’est montré fidèle à son habitude en dirigeant avec sobriété, sans jamais s’adresser au public ni présenter les morceaux, réservant ses gestes à de simples saluts empreints d’élégance.
Ce n’est que vers la fin de la soirée, au moment d’entamer l’un des morceaux les plus enlevés du répertoire, qu’il s’est enfin tourné vers les spectateurs, les invitant à partager pleinement cet instant.
Le public, conquis, a répondu par des applaudissements nourris jusqu’aux dernières notes, concluant ainsi ce voyage musical entre Venise et Carthage.
Tekiano
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