Tunisie : Troudi, Dima Dima et 814BC en concert

 

Le couvre feu n’empêchera pas Mounir Troudi, 814BC et Dima Dima de fêter la Révolution. Les bénéfices iront dimanche à Kasserine. Et il y en aura si plus de 400 tickets sont vendus. L’entrée est à 10d.

Exit les airs de la variétoche aux références égyptiano-libanaises. Place aux chants contestataires de la scène alternative tunisienne en cette soirée du samedi 12 février. Et ce, dans l’un des hôtels huppés de la banlieue de Gammarth. Les airs de Mounir Troudi, Dima Dima et 814 BC envahiront l’une des salles du Barcelo de 21h jusqu’à 03h du matin.

Ce n’est plus dans une ambiance tendue, ni sous les yeux de la flicaille du régime de Zaba qu’ils chanteront des airs de reggae, de blues, de rock et autre world music. Après son concert improvisé à Sidi Bouzid aux côtés de Bendir Man, dimanche dernier, lors du déplacement de la Caravane de Remerciement, Mounir Troudi sera sur scène au moment où les rues seront désertes. En attendant le concert, appréciez la voix bédouine de Troudi surfant sur un son blues dans «Zhar» :

      

A l’heure de couvre feu, 814 BC, groupe de reggae tunisien, profitera de cette performance pour présenter son dernier morceau intitulé «Lion». Il s’agit d’un single bien trempé dans la sauce roots en hommage à la Révolution Tunisienne. Vous pouvez avoir un avant-goût de la musique de 814 BC en écoutant «Lion» :

    

De son côté, le groupe Dima Dima amènera ses airs teintés de flamenco. Les No Pasaran de la scène tunisienne émergente chanteront un répertoire world music aux lyrics scandés en arabe dialectal. Avec Yasser Jeradi au chant, ils chanteront, entre autres, un morceau portant le nom du groupe : «Dima Dima». Cette ballade est une reprise de l’Estaca, morceau de Lluis Llach connu pour avoir été l’officieux hymne catalan de résistance au franquisme. Dima Dima ont dédié ce morceau à la militante de la culture émergente Asma Fenni. Musique :

Les riffs de reggaes enflammés, le blues bédouin de Troudi et les mélodies de la musica latina de Dima Dima seront appuyées par un show de Vjing assuré par Moogli. La scène underground d’hier sera-t-elle la scène mainstream d’aujourd’hui? La faillite annoncée des figures ultra-médiatisées durant la pré-révolution nous porte à le croire. Quitte à ce que la nouvelle politique culturelle tunisienne tranche en faveur des icônes de la contre-culture d’hier. Les journalistes devront faire le bon choix. Sinon, la révolution serait avortée à coup d’opium sonore à l’instar de celui made by Rotana, distribué par Phonie.

Thameur Mekki

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