Tunisie : 45° de fièvre expérimentale

Danse, théâtre, vidéo, musique electro et classique mixés lors de la représentation de «45° à l’ombre». Les représentations se poursuivent jusqu’au 14 juillet à Dar Sébastien à Hammamet. Voyage au bout de l’oppression, et de la canicule.

Suite à un hommage à Pina Bausch, à travers une projection de vidéos extraites de TV5, Amira Chebli a posé son micro et a commencé à lire son flash d’infos. «Les infos absurdes sont une sorte de mise en situation première où on essaye d’indiquer l’espace temps et lieu de la création.» témoigne Aly Mrabet, concepteur du spectacle, en alternant : « tout comme le patchwork des hymnes. C’est une indication au lieu où les protagonistes vont jouer et essayer d’évoluer». 45° à l’ombre a été présenté du 10 au 13 juillet à Dar Sébastien au centre culturel de Hammamet et y sera aujourd’hui pour sa dernière représentation. «C’est un avantage car à la base la création ne se veut pas uniquement circonscrite aux théâtres ou des espaces culturels. Nous avons voulu créer une pièce qui peut se jouer même dans un marché de légumes dans un village à 400 Km de Tunis et puis nous ça nous donne l’occasion de penser toujours et encore à la création d’un nouvelle espace qui peut s’adapter à notre création chose qui part du principe que notre création est un Work In Prorgess. A la terrasse de Dar Sébastien on a travaillé sur une autre mise en espace que nous avons aimé» déclare Aly.


Fruit de 45 jours de résidence dans le Centre National des Arts Dramatiques et Scéniques au Kef, le processus de la création de ce projet s’est basé sur un travail d’expérimentation. On était à la recherche de nouvelles notions pour la création scénique et de nouvelles formes d’expression. Le centre s’est donc transformé en un laboratoire de recherches artistiques. La première équipe, qui est arrivée était composée de Aly M’Rabet et Amira Chebli accompagnée par des sonorités du jeune créateur tunisien vivant à Lyon, Nessim Zghidi du collectif d’electro SM711 aussi connu sous le nom de Chorta Mechwya (www.myspace.com/shorta711) . « Pour la musique c’est pas un choix personnel. C’est l’ensemble des créateurs qui sont trois dont je fais partie. C’est comme un petite radio. C’est aussi simple que ça. Une radio schizo un peu tel qu’on en a en Tunisie et dans les régions sud de la planète, à savoir l’Afrique, le Moyen Orient et le Maghreb. On a dans nos têtes des musiques qui viennent de partout.» explique Aly Mrabet. Après une semaine de recherches, Abdesslem Jmel rejoint l’équipe. Les créateurs sont désormais trois. Un danseur et chorégraphe, Aly M’Rabet, Amira Chebli, une chanteuse, jeune comédienne et danseuse aussi et Abdesslem Jmel, un comédien, décorateur, maquilleur et costumier, se sont mis au travail. Un travail pas du tout évident. La composition du texte, le jeu, la chorégraphie, la vidéo, la lumière, la scénographie et les sons ont était tous créés en un seul mois avec l’aide du technicien Anouar Attia.


Belle histoire que celle de cette expérience ! Un spectacle que son concepteur présente comme : «un petit passage à travers la mémoire, les faits divers que nous vivons quotidiennement et l’ironie que porte nos plumes et nos corps. Le voyage que nous faisons ne se fait que dans des pays où la température offre à la population la canicule, la sueur, l’exotisme, la famine, la guerre, les oppressions et les génocides».

Thameur Mekki

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