Tunisie : Barbaroots, vibrations de «fils de Fellagas»

 

Quelques centaines d’internautes ont découvert, lundi dernier, le groupe tunisien Barbaroots grâce une vidéo de leur performance dans le cadre de Mousiqa Wassalem. Plongée dans l’univers musical de ces adeptes de la musique roots.

Hayder-hamdi-Barbaroots-070Quelques notes de la guitare électrique de Chiheb Ben Lakhel s’avancent en intro. Le batteur Tareq Maaroufi donne le tempo. Et il alterne avec un petit roulement avant de laisser ses baguettes libérer le rythme. De quoi bien accueillir la basse de Kais Fenni. Le groove s’installe. «Guirra», murmure Hayder Hamdi, au chant et à la guitare, titillant avec subtilité les ardeurs de la foule. Le violon de Wissem Ziadi sème des airs enivrants… amène ainsi de la mélodicité. Chiheb Ben Lakhel revient à la charge avec un riff de reggae. Mourad Majoul, également à la guitare, épice le cocktail avec ses virées solistes. Et le dialogue entre les deux guitaristes s’engage.

Se voulant discrètes au début, les percussions de Malek Ben Halima alias Paco se lâchent renforçant la section rythmique et enrichissant la diversité sonore. Le cocktail musical émerge. Tonifiant ! Invoqué par ces vibrations, la foule se livre à la transe. Place à la voix de Hayder Hamdi. C’est «3ichet Aflam», morceau du groupe tunisien Barbaroots présenté à l’occasion de leur concert donné le 18 juin dans le cadre de Mousiqa Wassalem, rencontres internationales de musique alternative de Carthage. La performance de ce track a été filmée, enregistré et publié, lundi 02 juillet, sur Youtube.

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Les paroles de cette ballade développent une expression crue du désarroi ambiant et de la confusion semée par un «système autoritaire». Le chanteur se proclame, lui et ses compagnons de scène, des «fils de Fellagas». Il s’acharne contre le matérialisme chantant la résistance et criant haut et fort son attachement aux «roots». De quoi illustrer l’enracinement revendiqué non seulement par les proses qu’il fredonne mais aussi par sa musique. Appuyé par un backing assuré par Wissem Ziadi, sa voix roque y trouve une caisse de résonnance.

Tout un univers proposé par Barbaroots. Le verbe, le rythme et les mélodies s’y assemblent naturellement. Le reggae ne s’y résume pas à un genre musical importé des caraïbes. Il devient un art local trouvant ses racines dans l’africanité de la Tunisie, souvent négligée par nos musiciens. C’est bien pour cela qu’on parle de musique roots. Bien ancré dans cette tradition, Barbaroots développe sa continuité et chante son manifeste.

Thameur Mekki

Photo : Yassine Meddeb Hamrouni

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