…Et la «Mascott» s’expose sur le Net

Portrait d’un as de demain dont le genre musical vient de loin et les propos viennent du fin (bas-fonds) de notre société. Après dix ans d’activités artistiques, le groupe de rap tunisien «Mascott» se retrouve avec 2 albums à son registre. Leur 3ème album, intitulé «Mentalité 7wem», sera dans les pauvres bacs tunisiens avant la fin du mois de mars.

Actuellement Mascott, s’apprête à éditer son troisième album, «Mentalité 7wem». Le groupe multiplie les scènes et n’hésite pas à partager ses news et ses créations sur le groupe et fans page de facebook ainsi que le myspace. Un troisième album, une troisième expérience, un nouveau défi pour imposer un genre musical. Pour tout cela, il faut que Big Boss et ses compagnons Soopa et Diablo puissent trouver la couleur artistique et l’identité musicale définitive de Mascott … Pour que la mission soit accomplie.

Cet album a été mis au point dans sa majeure partie avec le logiciel M.A.O (musique assistée par ordinateur) Fruity Loops. Mais contrairement au premier opus, le groupe ne s’est pas contenté du sampling mais a assuré une diversité sonore en installant des plugins dans Fruity Loops et en en faisant usage d’une manière assez conséquente afin d’atteindre leur objectif, à savoir une musique rap 100% maghrébine. Ce choix fondamental du label créé par Big Boss, et intitulé 102 Bled Records, était déterminant dans cet album. Par conséquent, Mascott a dévié d’un groupe de musique à texte aux thèmes polémiques pour devenir un groupe de musique aux sons divers avec plus de maturité dans leur flow et leur technique de rap mais très loin, bien loin du public tunisien à cause des textes superficiels. Mascott, c’est aussi un Groupe (voir


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) et des fans page sur Facebook (voir


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), un espace dédié, avec des morceaux à écouter, sur Myspace (écouter


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), et de vieux albums en rotation sur le web. C’est clair : pour mieux se faire connaître, le groupe mise à fond sur internet.

Agitant la polémique actuellement avec un morceau créé lors de la promotion du film de Cinecitta en featuring avec Dali Ben Jemaa, Mascott a tout dit, tout essayé et a encore un mot à dire, quelques rimes à scander. Diverses tentatives de séduire le public, plusieurs images médiatisés, le contexte a fait que souvent quelque chose manque pour que Mascott soit aussi proche du public que ses membres l’espèrent. «Personnellement, j’ai commencé en 1997. J’écrivais des paroles autour du flouss, ma mère, la Palestine, l’injustice sociale…» se souviens Wajdi Trabelsi alias Big Boss. C’est en 1999 que la formation de Mascott s’est soudée. Trois membres, pour une moyenne d’âge de 18 ans.

Guidés par leur passion, ils ont commencé une carrière aux perspectives, à l’époque totalement imprévisibles.

Le défi de la scène
Quelques mois après la formation du groupe, le combo a fait ses premiers pas sur la scène de la cité dont les membres sont issus. «On était des amis réunis autour de leur passion, on voulait former un groupe tel qu’IAM [idole de Mascott selon Wajdi, NDLR]. Au bout de quelques temps, on s’est retrouvé sur la scène de la maison de jeunes d’El Mourouj face à une salle de 400 spectateurs. C’était fascinant!» lance Wajdi, le leader du groupe. Suite à ce petit événement, les membres de Mascott ont essayé de partir plus loin en rejoignant d’autres groupes de rap tunisien, tel que T-Men, Filozof et Arab Clan, pour une série de concert à l’Etoile du Nord et dans d’autres lieux culturels tel que la salle du 4ème Art. En 2002, Mascott est parti défendre son art dans diverses régions du pays. Hammamet, Sousse, Gafsa ou encore la scène de la manifestation Découverte 21 à l’Amphithéâtre d’El Jem. Mascott a pris part à plusieurs manifestations et présenté de nombreux concerts. De quoi leur permettre d’être médiatisés, ce qui n’était pas vraiment courant dans le temps. «Les passages médiatiques se sont succédés mais on a souvent été peu respecté. A l’inverse des étrangers. Je ne sais pas si on était simplement sous-estimés ou si notre tenue vestimentaire posait problème.» Témoigne Wajdi.

2 albums, 2 choix artistiques !
A travers le premier album, «Vengeance», Mascott a vécu une expérience musicale aux samples familiers, en mégaphone des jeunes tunisiens. A travers le deuxième album, «Pouvoir», Mascott a visé un autre marché : celui d’outre-méditerranée. Surtout après qu’ils aient participé à une compil française intitulée Street Couleur avec le morceau «Sa7bi» feat. Cheb Tarik. Pour réussir, les membres du groupe ont concocté des morceaux avec des chanteurs évoluant en France. Comme leur morceau «Made in Bled», par exemple, réalisé en featuring avec le groupe de rap français «Intouchable». La majeure partie de la musique consiste en de multiples sonorités butinées dans les tendances les plus en vogue, derrière les consoles des labels de rap. A l’exception de 3 morceaux mélancoliques au message peu positif, les textes se sont contentés d’exprimer la fierté identitaire et l’ambiance festive d’un rap «du bled».

Thameur Mekki

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