Tunisie: Journée du logiciel (pas encore) libéré

Le Club du Logiciel libre de la Faculté des Sciences de Tunis multiplie les manifestations. Mais question «libre» la Tunisie est classée 46ème sur 75 pays.

La JLL, journée des Logiciels Libres dans sa 7ième édition s’est déroulée le 28 avril à la Faculté des Sciences de Tunis (FST). Il s’agit d’une manifestation organisée chaque année par le Club du Logiciel libre de la FST (CLLFST). Elle a pour objectif de permettre au grand public de découvrir le monde de l’open source et l’informatique libre, créer un espace de communication et d’échange d’expérience et d’information entre les professionnels du domaine et les étudiants.

Plusieurs thèmes ont été abordés lors de cette journée dont notamment « le portage des applications Open Source vers l’embarqué » (présenté par M. Ali Ben Ben Brahim, P-DG de la société IPNets), « les sociétés de services de logiciels libres » (présenté par Chaker Zaafouri, co-fondateur de alpha-Engineering), « les nouvelles technologies de détection d’intrusions » (présenté par M. Sami Mabrouk ingénieur principal à l’Agence Nationale de Sécurité Informatique) …

Autant dire que le CLLFST, formé en mars 2004, s’est donné les moyens de sa politique, en multipliant les manifestations autour du logiciel libre, aussi bien au sein qu’à l’extérieur de la faculté. Mais malgré le programme plutôt riche de cette journée, et toute la bonne volonté des membres du club, l’événement n’a pas suscité l’engouement espéré auprès des étudiants. Les causes ?

M. Mohamed Ben Bouzid, responsable relation externe du club a fait part de certains problèmes qu’il a rencontrés dans la préparation de cette manifestation « nous avons trouvé du mal à trouver une communauté organisatrice motivée », confie-t-il. «Nous avons eu quelques difficultés d’avoir la salle polyvalente de la faculté des science par manque de disponibilité. Nous avons essayé de mobiliser les étudiants de la branche informatique à la faculté, ainsi que les professeurs, malheureusement l’esprit du libre ne les intéresse pas plus que ça. Ceci dit, nous tenons quand même à remercier le TechnoparK d’Elghazala ainsi que les sociétés ibSciences et ComSysIT pour nous avoir encouragés et financés pour l’organisation de cet événement. »


A croire que malgré toute l’énergie déployée pour le promouvoir, le logiciel libre ne brille pas vraiment par sa popularité en Tunisie. Ainsi selon Chaker Zaafouri, d’alpha Engineering « les sociétés fuient les solutions open sources pour des questions de sécurité. Vu que le code est ouvert et disponible à tout le monde »… Malgré toutes les dénégations de la communauté du libre, qui se plaît à rappeler les mises à jour continuelles des systèmes de sécurité. Quant aux particuliers, ils semblent convaincus que le logiciel libre est réservé uniquement à une minorité d’as de l’informatique. Autant dire qu’une étiquette plutôt rédhibitoire est allégrement collée sur le libre.

La communauté tunisienne du petit pingouin a de quoi s’arracher les cheveux. La société Red Hat (société éditrice du système d’exploitation a base de linux du même nom) a publié une carte dans laquelle elle classifie les pays selon l’utilisation du logiciel libre. Et selon le classement y afférent,(voir ici) la Tunisie est classée 46ème sur 75 pays. Une position qui ne reflète guère les efforts fournis en faveur du logiciel libre. Dure réalité.

Lotfi Ben Cheikh

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