Tunisie : Slam Alikom, le show inclassable

Séquences vidéo sur le web, groupe Facebook très actif, Slam Alikom est l’enfant gâté des internautes tunisiens. Jeux de mots comme on les aime en Tunisie !

Ils étaient sur la scène d’El Teatro pour une nouvelle date à guichets fermés, le samedi 09 mai 2009. Slam Alikom est une formation présentant un spectacle pluridisciplinaire. La musique, brillamment composée et arrangée par Oussema Mhidi, pianiste de la formation, et la présence théâtrale de Hatem Karoui, aux forts traits de comédie hilarante sont d’une complémentarité, certainement difficile à établir, mais agréable à contempler. Les ondes positives et la symbiose entre ses deux derniers, d’une part, et Mehdi (guitariste) et Nejib Rekik (percussionniste), de l’autre, est ressentie, vue et entendue. «Pour composer, je me base sur le texte, le ton de la voix et le contraste possible entre le sujet du texte et la couleur de la musique.» explique Oussema Mhidi.


Comédie, musique et…Facebook

Certes, la popularité du spectacle est liée à sa nature même. Mais Facebook, l’incontournable réseau social, y est aussi pour quelque chose. Surtout avec la livraison des billets à domicile et la réservation sur le mur du groupe , initiative de Mehdi Rekik, guitariste de la formation et Hatem Karoui, inclassable homme de scène aux sketchs rimés. «Slam Alikom Djeek» est le nom du concept de livraison à domicile affiché sur le statut de la page de profil de Mehdi sur Facebook. Il semble que les membres de Slam Alikom ont trouvé un moyen de plus pour séduire un public qui déserte les salles de spectacles et les théâtres pour se rendre aux stades, aux boites de nuit et autres aspirations plus commerciales, plus incitantes à une certaine oisiveté mentale. Quant au groupe «Slam Alikom» sur Facebook, il est utilisé pour créer les pages d’événements ou envoyer des messages relatifs aux dates des concerts, livraisons des billets, photos, vidéos et autres actualités de la formation.


Les best guests à avoir !

Le quatuor de Slam Alikom a invité, à l’occasion de ce concert, Zied Lakoud à la basse, Nafaâ Allam à la batterie et Hedi Fahem à la guitare pour intensifier les compos d’Oussema Mhidi et valoriser ses talents d’arrangeur. «Ils font partie, à mon avis, des meilleurs musiciens de Tunis et c’est un apport considérable pour le groupe et pour la musique. Un bassiste, un guitariste et un batteur est une base très solide qui permet d’entreprendre des compositions plus complexes» affirme Oussema. Un autre invité de taille – qu’on vous présentera prochainement dans Tekiano – était guest dans ce concert de Slam Alikom. Difficile de résumer l’atypique Mounir Troudi en deux lignes, il y était pour interpréter deux de ses morceaux, «Zhar» et «Wechi Wechi». Fidèle à sa réputation d’homme de scène, le public a tellement apprécié qu’il a demandé un autre morceau : «7amma». Mounir Troudi a répondu à cette demande après avoir partagé la scène avec Hatem en lançant quelques uns de ses sublimes chants lyriques.

Noyant le public dans un humour 100% «made in Tunisia», concocté autour de textes écrits et interprétés par Hatem Karoui, le spectacle n’a de relation avec le slam que le nom, une des multiples inspirations et disciplines artistiques que ce spectacle évoque. Mais pourquoi vouloir absolument coller des étiquettes sur le dos de nos artistes ? Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !

Crédits photos Med Karim El Amri

Thameur Mekki

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