Tunisie Blogs: Twitter m’a tué !

Avec plus de 10 millions de membres, Twitter est l’étoile montante du web. En Tunisie, une start-up veut même en faire son beurre. Pour d’autres, c’est un contraceptif efficace ! Et nos blogueurs s’en plaignent !


Twitter compte déjà plus de 10 millions de membres sur la planète. L’actualité brûlante passe de plus en plus tendance par cette plateforme avant d’être relayée par des canaux plus « classiques ». Même les portails d’informations en ligne, ont du mal à garder leur longueur d’avance.

On se souviendra que durant la campagne présidentielle américaine, Barack Obama, a compté plus de 375’000 «followers» sur Twitter justement. Facebook, a même envisagé de racheter la plateforme pour la bagatelle de 500 millions de dollars. Il a dû essuyer un refus. Et pour cause. Selon le site suisse largeur.com, «le contrôle des flux sur le Web va signifier, à terme, le contrôle des marchés publicitaires». Twitter finira-t-il par faire vaciller le pouvoir de Google sur le Net mondial ?


Toujours est-il qu’après Facebook, voici que les Tunisiens se mettent aussi à twitter. Les plus éminents membres de la blogosphère tunisienne s’y retrouvent. A l’instar de Mehdi Lamloum, webmaster de pinklemonblog.com et instigateur du barcamp Tunisie (voir notre actu), ou encore Houssein de houblog.net. « Je suis moi-même passé par cette phase où je ne comprenais pas à quoi ça sert le p’tit oiseau, le traitant même de tous les noms et allant jusqu’à prédire sa fin imminente » dit-il sur son blog « Puis voilà, j’ai mordu à l’hameçon jusqu’à en devenir un mordu fini. »

Mais s’agirait-il de la énième mouture de Facebook ? Ou encore d’un gadget pour blogueurs en mal de nouveauté ? Non. Il s’agit de tout autre chose.

Mode d’emploi

Twitter est un site de microblogging qui permet à l’utilisateur de signaler à son réseau «ce qu’il est en train de faire». Il est possible d’envoyer et de recevoir ces messages par Internet, par messagerie instantanée (tweetdeck) ou par téléphone portable. On appelle ces messages des tweets (gazouillis en anglais). Leur particularité : ils sont courts, d’une longueur maximale de 140 caractères. Ceci permet de mettre à jour son Twitter de manière brève, spontanée, et surtout régulière.

Contrairement à Facebook et à Windows Live Messenger (plus connu sous le nom de MSN), on ne peut empêcher un utilisateur de twitter, qui ne fait pas parti de vos amis, de suivre vos publications. Mais si vous tenez à l’anonymat, twitter vous offre la possibilité de rendre votre profil privé. Sur le site du petit oiseau, il n’y a pas besoin de l’accord des twitteriens pour les ajouter à la liste de vos amis (qui s’appelle la liste following_me). Vous pouvez voir les personnes qui vous suivent grâce à la liste followers_me qui vous offre d’ailleurs le choix de les bloquer, mais a postériori.

Pour suivre en temps réel les publications de vos followers, il existe plusieurs plugins qui permettent de faire la mise à jour du flux, et ce, sans que vous soyez obligé de rafraichir la page d’accueil de votre profil twitter. On pourra, pour l’exemple, citer l’addon du navigateur Firefox : twitterfox.


Les Tunisiens utilisent essentiellement twitter pour faire passer les informations qu’ils trouvent sur le net. Vu la taille limitée du message (140 caractères), on met une petite description de l’info (comme le titre ou extrait du chapeau de l’article) et le lien vers la source. Cependant, un petit problème se pose. Généralement, les liens URL sont parfois très longs. Pour y remédier, on peut raccourcir ces URL grâce à des sites comme ff.im, bit.ly et tinyurl.com qui réduisent les adresses web à une vingtaine de caractères. En cliquant sur ces liens réduits, une redirection est effectuée vers l’adresse d’origine.

Victimes de Twitter ?

Sentant le potentiel de ce nouveau type de réseau social, une start-up tunisienne a lancé le projet twitterists.com. Ce projet recense les célébrités mondiales sur twitter ainsi que les grandes compagnies. Il permet de donner à l’utilisateur une nouvelle perspective à twitter en exploitant des flux en temps réel, ou encore, développer une plateforme pour suivre ses gazouillis (présentation complète du projet twitterists.com à cette adresse).

Twitter n’a que des avantages ? Pas vraiment ! En effet, tout comme Facebook, le réseau du petit oiseau peut aussi véhiculer la désinformation de quelques mal intentionnés. Certains peuvent faire passer, subrepticement, des rumeurs voire même de l’intox, comme l’exemple des émeutes en Moldavie du mois dernier (voir ici).

Mais les premières victimes de twitter sont… nos blogueurs Tunisiens. Dépassés par le rythme frénétique des mises à jour, ils ont désormais du mal à mettre à jour leur blog. C’est ainsi que Akrem Ben Yedder, qui anime un blog spécialisé dans le webmarketing : http://akramus619.blogspot.com/, a ainsi intitulé sa note du mercredi 15 avril dernier : « Twitter m’a tueR ».

« Un appel d’un blog qui agonise ! Un blog qui n’est pas mis à jour depuis quelques semaines déjà, le responsable? Un mélange toxique pour les blogs (Boulot + fainéantise + twitter) », explique-t-il sur sa note. Alors,
est-ce que les réseaux sociaux sont à blâmer ? Pour Akram, twitter peut être responsable de la mort de plusieurs blogs tunisiens, mais Facebook non ! « L’univers du blogging est tout autre que celui des réseaux sociaux » ajout-il, « le bloggeur est dans une optique de production et de partage en créant de la valeur ajoutée à l’information. A l’inverse de Facebook, Twitter est un site de MICRO-blogging plutôt qu’un réseau social. »

Sur Twitter, à la question : « les réseaux sociaux ont-ils tués les blogs », Twattwitt estime le contraire : « ils sont complémentaire. Ils ont aidé à faire connaitre les blogs. Personnellement, je voie que ces réseaux sont une source d’infos et d’idées. » Sur facebook, Nabil.K répond à la question avec une pointe d’humour : « Oui, ainsi que la bande passante, la “vraie” vie sociale, etc. Prochainement ça sera un des meilleurs contraceptifs » ! Il ne manquerait plus que les services du Planning Familial ne s’intéressent aussi à Twitter !

Welid Naffati

Print Friendly, PDF & Email

Plus :  Net






  • Envoyer