Tunisie : Viens voir, l’image autrement !

Le film, «Viens voir», a remporté le premier prix de la compétition nationale lors du FIFAK 2009. Son réalisateur, Atef El Gares, nous invite à voir au-delà des choses. Interview.

« Viens voir » a remporté le premier prix du FIFAK 2009. Quel est l’apport de ce prix pour toi en tant que cinéaste amateur ?

C’est mon 4ème film en tant que membre de la Fédération Tunisienne du Cinéma Amateur (FTCA) en l’espace de 4 ans et demi. Ce prix dépasse donc le film. Je le considère comme une reconnaissance à l’ensemble de ma participation au FIFAK tout au long des 4 éditions écoulées. C’est aussi un hommage à la ville de Kélibia où j’ai tourné tout mes films que ce soit dans la médina, (dans un de mes films précédent) ou dans le port comme dans ce film.

Vous avez tourné avec 2 caméras ou une seule ?

Contrairement à ce que certains ont cru, on n’a pas utilisé 2 caméras. Une seule a fait le travail. Au tournage, on a repris le parcours suivi par les personnages, lors de la poursuite. Le découpage technique s’est chargé du reste. La réflexion a permis au découpage technique de donner cet effet. Ce n’est pas la fiction qui modèle l’image. C’est plutôt l’image qui modèle la fiction. Les images que vous voyez sur l’écran en plans «REC» proviennent d’une approche esthétique associée à une approche technique développée en tenant compte des moyens du bord.


atef el gares

« Viens voir » a confronté un artiste et 2 enfants et a été tourné dans un milieu populaire. Est ce que ceci implique une réflexion autour du rapport artiste- société ?

Au delà de l’interprétation et des différentes lectures, je peux parler d’image et d’approche filmique et esthétique. Je reste subjectif dans ma vision. Après tout je n’ai pas suivi de formation cinématographique. Vu que je suis architecte de formation, je reste dans une réflexion autour de l’espace et de ce que je peux en faire en m’adaptant aux conditions du milieu.

Le film a été clôturé par la musique du morceau « Viens voir » de Tiken Jah Fakoly abordant les préjugés véhiculés autour de l’Afrique. Est-ce que le morceau t’a inspiré ?

Pas vraiment ! Le choix de la musique est plutôt un travail de post production. J’ai choisi ce morceau parce qu’il a un point commun avec le film, à savoir, une invitation pour voir au-delà des choses. « Pourquoi toujours les mêmes visages ? Pourquoi toujours les mêmes commentaires ? Pourquoi toujours les mêmes reportages ? » Ces paroles extraites du morceau posent les mêmes questions que mon film.

Propos recueillis par Thameur Mekki

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