Tunisie : L’Erreur Système des JTC 2009

«Aucun Signal» affichait le grand écran, sur une scène pas vraiment «ouverte sur la technologie». Le DVD s’est planté. Les 1600 spectateurs réunis au Colisée à l’ouverture des JTC ont dû suivre en live le technicien dans sa démarche.

Dès 20h, l’avenue Habib Bourguiba a connu, mercredi 11 novembre, une ambiance festive. Environ 400 invités étrangers et 1200 Tunisiens étaient au Colisée pour la cérémonie d’ouverture des Journées Théâtrales de Carthage (JTC). Clowns, funambules, jongleurs, athlètes d’arts martiaux et marionnettistes animaient les allées du Colisée. Et oui ! Il s’agit bien de la salle de cinéma. Pour leur 14ème édition, les JTC ont été inaugurées dans une salle de cinéma et pas dans le Théâtre Municipal de Tunis, comme la tradition l’aurait exigé. «On s’attend à un grand nombre d’invités dont 400 étrangers en plus des Tunisiens, le Théâtre de la ville de Tunis ne nous offre pas ce grand nombre de places alors que le Colisée contient 1600 places, c’est une question de logistique sans plus» justifie Mohamed Driss, Directeur des JTC, dans le quotidien tunisien La Presse. Et c’est «Prova dell’arte» ou «La Répétition», pièce tunisienne de Ridha Drira, qui a été à l’honneur lors, de cette soirée d’ouverture.

«Prova dell’arte» désapprouvée !

Le choix du thème «théâtre sans frontières» illustre l’ouverture du théâtre sur tous les Arts et sa capacité à s’adapter aux innovations technologiques» a déclaré Mohamed Driss, selon la TAP, lors de la conférence de presse tenue mercredi 4 novembre à l’ATCE. «Un périple entrepris dans les méandres et les arcanes du spectacle vivant, tout en observant les premiers balbutiements de la création» affiche la présentation de «Prova dell’arte».

«Prova
dell’arte», a eu pourtant bien du mal à prouver l’ouverture de cette édition
«aux innovations technologiques». Et ce, malgré la bonne centaine de comédiens,
vocalistes, danseurs, musiciens et autres qui ont défilé sur la scène du
Colisée. Si les frontières ont été effectivement brisées, elles l’ont surtout
été par l’anarchie régnante tout au long de la représentation de la pièce de
l’ouverture.

Aucun Signal

Le spectacle alternait entre éléments filmiques et actes de comédie, de danse, de chants et de… culbutes. Loin d’être subtiles, les transitions entre les images projetées sur écran et les actes interprétés sur scène manquaient pour le moins d’harmonie. Le comble a été atteint dès les premiers instants du spectacle. Le DVD contenant les éléments audiovisuels était endommagé. Le disque s’est planté, et les 1600 spectateurs réunis dans la salle ont dû suivre en live le technicien dans sa
tentative de réparer les "erreurs système". Ainsi, on a vu le menu du DVD affiché à l’écran. Juste après, un autre défaut technique est survenu ! Et voilà que les centaines d’invités se sont retrouvés avec la mention «Aucun Signal» affichée sur le grand écran pour environ une minute. Mais ce n’est pas fini. A quatre ou cinq reprises, la mention «pause» suivi d’«Aucun Signal» s’affichait sur le grand écran, du haut de son estrade, à chaque transition entre jeu scénique et vidéo. Quelques actes ont même été interprétées avec la mention «Aucun Signal » sur le grand écran comme seul et unique décor.

Parler d’«innovations technologiques» dans un art multiséculaire peut paraître séducteur. Mais visiblement la technologie peut aussi jouer des tours à ceux qui s’en réclament abusivement. Mr Driss, un passionné de cirque, a raté une de ses acrobaties dans cette soirée d’ouverture des JTC. «Aucun Signal» a joué des tours tragicomiques dans ce premier jour des JTC. Le théâtre tunisien aurait mérité mieux. Espérons que le signal sera retrouvé dans les prochaines journées!

Thameur Mekki

Crédit photos : Anis Mili

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