Tunisie : Le digital règle le conte !

«Un Conte de Faits» retrace le parcours d’un enfant virtuose, d’une banlieue populaire de Tunis, à la Yehudi Menuhin School. Il était une fois, les technologies numériques, qui sculptent le conte de fées des cinéastes indépendants.

«Ce projet ambitieux nécessite la mise en place d’un dispositif de production spécifique garantissant à la fois l’indépendance et la souveraineté du propos» déclare Hichem Ben Ammar, réalisateur et producteur du nouveau film documentaire tunisien «Un Conte de Faits». «Kène ya ma kène fi hadha ezzamène…» est le titre original du film. Produit par 5/5 Productions, quelques aspects de ce film ont été exposés, lors de sa préparation, au public à travers quelques articles parus dans les journaux tunisiens. Enfin prêt, il ne figure ni sur les grandes enseignes d’affichage urbain ni sur les pages publicitaires des magazines et des quotidiens nationaux. C’est sur la blogosphère et sur le réseau social, Facebook, que ces créateurs l’ont affiché. Présentation du film, fiche technique et les biographies des protagonistes de ce long métrage sont au menu du blog «Un Conte de Faits». Dans un groupe facebook dédié à cette œuvre, deux vidéos extraites du film sont mises en partage en guise d’avant goût.


Oser la virtuosité

Le tournage de ce documentaire a duré deux ans et demi. «Un Conte de Faits» a suivi un bout du chemin d’Anès Romdhani, un enfant tunisien, violoniste virtuose. Issu d’une banlieue populaire de Tunis, son père, Abderraouf, tromboniste de fanfare, a toujours rêvé que son fils devienne un grand musicien. Faisant sien le rêve de son père, Anès développe des aptitudes extraordinaires qui lui permettent d’accéder à la Yehudi Menuhin School. Une success-story made in Tunisia. «La musique n’est pas le sujet principal de « Kène ya ma kène fi hadha ezzamène…», elle n’est qu’un adjuvant pour révéler les rêves enfouis en chacun d’entre nous. Elle représente cette part d’excellence à laquelle nous aspirons tous» explique Hichem Ben Ammar, le réalisateur.


Minimum de moyens

«Kène ya ma kène… a été produit sans soutien institutionnel préalable. Avec un minimum de moyens, le tournage et le montage se sont déroulés parallèlement se nourrissant l’un de l’autre» raconte Hichem Ben Ammar. «Cette procédure encore peu répandue, ne peut être considérée comme un luxe, que dans la mesure où elle offre une grande liberté. En contrepartie, elle exige beaucoup de souffle. Dans le cas présent, elle s’est imposée étant donnée la nature évolutive du sujet» poursuit-il. Après 6 long-métrages documentaires, l’auteur-documentariste tunisien Hichem Ben Ammar développe sa manière d’écrire et de filmer. Le numérique semble être une riche source d’inspiration pour cet artiste quinquagénaire. «Cette possibilité de créer des passerelles entre l’écriture cinématographique et l’écriture littéraire est désormais rendue possible grâce au montage virtuel. Cette invention est, tout compte fait, jubilatoire. Elle a rendu cette expérience passionnante» affirme Hichem Ben Ammar.

Sous le règne de la télé, le documentaire cinématographique d’art et d’essai a du mal à trouver le financement et les circuits de production nécessaires. Mais voilà que les nouvelles technologies viennent à la rescousse. Tout compte fait, le numérique et le web façonne le conte de fées des cinéastes indépendants. C’est le cas de «Kène ya ma kène fi hadha ezzamène…», en attendant sa sortie sur nos grands écrans !


T.M

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