Tunisie : E-Fest intégral pour soufisme digital

Du vendredi 11 au lundi 14 décembre, des installations d’arts visuels seront exposées au théâtre Mad’art à Carthage. L’entrée est libre. Entre soufisme numérisé et calligraphie virtuelle, le digital se réfère à la culture orientale.

Bonne nouvelle pour les passionnés de musique electro et de culture numérique ! Le FEST (Festival Echos Sonore Tunis) ne se limite plus à un festival de quatre jours durant le mois de juin. La fête des arts digitaux se déroulera sur 13 mois à Tunis. Concerts, expositions, résidences d’artistes, ateliers de formation dans les écoles, ciné-concerts et jeux grandeur nature sont au programme. L’E-FEST sera donc générale. Dans le cadre de l’appel à projet «Pays Tiers culture 2007-2013» de la commission européenne, l’association Echos Electriques a présenté le E-FEST et sa proposition a été retenue par le jury de l’agence exécutive de la commission européenne. Du vendredi 11 au lundi 14 décembre, des installations d’arts visuels seront exposées au théâtre Mad’art à Carthage. L’entrée sera libre durant les quatre jours de l’expo.


Virtual Calligraphy 1.0

RAQ[S] ainsi s’intitule l’installation du performeur audio-vidéo et créateur digital, Haythem Zakaria. Dans cette installation interactive, un improbable mariage des textes mystiques de Djâlal al-dîn Rûmî et de l’art numérique est célébré. Avec cet artiste, le digital se laisse séduire par la spiritualité soufi de Djâlal al-dîn Rûmî. Dans univers psychédélique, des particules en attraction se lance dans un dialogue abstrait. Ces particules libres voyagent, coulent, s’enchevêtrent, menant une danse enivrante, mystique, qui dénature une vision unidimensionnelle dans un espace-temps infini de contemplation.

Le patrimoine arabe est dans tous ses états avec les installations d’arts visuels exposées à Mad’art. «Virtual Calligraphy 1.0» est un projet né de la rencontre de deux artistes français. Il s’agit de Kaalam, artiste calligraphe expérimentant différents procédés de création graphique et Digital Slaves, collectif de créateurs spécialisés dans l’art numérique. Ensemble, ils ont développé un procédé de création graphique inspiré du principe du light-graff : Une caméra analyse les gestes réalisés à l’aide d’une lampe dédiée et retransmet le tracé en temps réel. Ce procédé permet le mélange entre création graphique en temps réel, création musicale et chorégraphie.

L’anarchie comme remède

«Anarchitecture» est le projet d’installation proposé par d’Olivier Ratsi, artiste du label Antivj. Il s’agit d’une série de photos prises à Tunis, du côté des Berges du Lac, retouchées à l’aide des outils numériques. Cet artiste français travaille sur la perception du monde et l’expérience du réel à travers l’image fixe et animée. «Son objectif est de générer une rupture avec la signification des éléments d’origine, nous référant à une autre conception de l’espace et le temps.» affiche la présentation d’Olivier Ratsi.

L’installation d’Aymeric De Tapol & Mokuhen, s’inspire de l’amusie, un trouble de l’expression ou de la compréhension des bruits musicaux.

Pour les patients atteints d’amusie congénitale, la musique est comme une langue étrangère, impossible à décoder, apprécier ou à comprendre. Ces patients décrivent d’ailleurs la musique de manière générale comme une succession de bruits qui donnent la nausée. Mais avec les artistes français Aymeric De Tapol & Mokuhen, la musique est devenue un champ, un paysage, un environnement propre sans frontières. Nous flottons dans cet océan, de codes sonores, d’avatars de communautés, de voix désincarnées. Nous nous déplaçons à travers d’interminables couches de signaux sonores, souvent inconscients de leur origine géographique, rendus à l’idée que nous ne sommes nulle part dans l’espace physique indescriptible.

Entre soufisme numérisé et calligraphie virtuelle, la culture digitale se réfère à la culture orientale. L’E-FEST puise son élan esthétique et spirituel dans la poésie aux frontières du sacré. Visiblement, l’anarchie servirait de remède et fait basculer la balance du désordre pour s’élever à un ordre supérieur, de la détresse maladive à l’ivresse auditive.

Thameur Mekki

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