Le court métrage le plus cher de l’histoire du cinéma tunisien

Doté d’un budget de 230 mille dinars tunisiens, «Il était une fois à l’aube…» est le court métrage le plus cher de l’histoire du cinéma tunisien. De la mini DV à la Red One, le défi est lancé !

Actuellement en post-production, le dernier film de Dali Nahdi, «Il était une fois à l’aube…», est le court métrage le plus cher de l’histoire du cinéma tunisien. Selon l’auteur-réalisateur, ce film a été doté d’un budget de 230 mille dinars tunisiens. Et c’est la première fois, que la caméra Red One est utilisée dans la modeste industrie des courts métrages tunisiens.

Avec un capteur 4K super 35 intégré, la Red One délivre des fichiers numériques RAW compressés via un algorithme de compression par ondelettes, comme pour le JPEG 2000. Dali Nahdi nous en parle : «Il est évident que la Red One livre une meilleure qualité d’image, elle est plus nette. Mais c’est plus difficile de travailler avec un une telle caméra. Elle demande beaucoup plus de temps, plus d’éclairage.

Plus de responsabilité aussi. Puisqu’après, on va me dire tu as eu tout le matos, qu’est ce que tu as fait avec !?».

«Une sorte de challenge»

Travelling, Louma, quelques caméras portés et autres matos rarement utilisés pour filmer des court-métrages en Tunisie ont été mis à la disposition de Dali Nahdi par «Ulysson Production» pour tourner «Il était une fois à l’aube…».

«Riadh Thabet, fondateur d’Ulysson Production, a vu «Le Projet». Et il s’est dit que si avec une caméra Mini DV, je suis arrivé à faire un film qui est arrivé à retenir l’attention de beaucoup de monde. Que dire si j’aurai un matos encore plus performant. Pour lui, c’est une sorte de challenge. On est parti dans une co-production. Il m’a donné tout le matos qu’il avait à Ulysson» raconte Dali. Ce réalisateur n’a pas vraiment suivi les sentiers battus pour ses débuts. Son premier court métrage, «Le Projet», a été, encensé par la critique, sélectionné et récompensé dans quelques festivals internationaux tels que le Festival du Film Arabe d’Oran et le Festival du Film Arabe de Rotterdam. Pourtant, il n’est filmé qu’avec une caméra Mini DV.

Mini DV, low cost sous-estimé !

Souvent produit en low cost, les courts métrages tunisiens ne bénéficient généralement pas d’autant d’appui logistique. Et les cinéastes ne cessent d’ailleurs de s’en plaindre. Quand on sait que Dali Nahdi a réussi à tourner un remarquable film rien qu’avec une Mini DV, il s’avère qu’un sérieux problème de maitrise technique persiste. Adel Abid, Président de la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs (FTCA) et directeur du Festival International du Film Amateur de Kélibia (FIFAK) consolide ce constat, avec un exemple à l’appui : « Il y a un problème de conscience des exigences du support. Par exemple, dans « Dancer in The Dark » (2000), le réalisateur Lars Von Trier a tourné la séquence de la danse avec une Mini DV de l’époque et a su intégrer ces images avec beaucoup de subtilité dans un film pellicule».

La Mini DV a déjà fait ses preuves au cinéma amateur en Tunisie. Slim Ben Cheikh l’a déjà utilisé, en 2007, pour filmer «Aéroport

Hammam-Lif», film documentaire à succès. Ce court-métrage a même remporté le premier prix au FIFAK 2007. Ghassen Khemakhem, lauréat du 1er prix du concours de Views Of America 2008 avec son film «Moi et moi-même», a aussi tourner ce film avec une caméra Mini DV.

Quand il s’agit de briser des clichés sociaux, les réalisateurs tunisiens se débrouillent à merveille. En attendant la naissance d’une industrie cinématographique en Tunisie, ils se convertissent en «grincheux» et s’investissent à créer des clichés autour d’une caméra, considérée comme limitée. Un autre angle de vue est nécessaire pour pouvoir voir plus loin. L’art, n’est il pas destiné à élargir le champ du possible ?

Thameur Mekki

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