Tunisie : Danse au rythme de PI

Vous les avez connus acteurs, réalisateurs, rappeurs ou humoristes. Mais ils reviennent à leurs premières amours : la danse. De l’Electro à l’acoustique, du break dance à la danse orientale, ils refont le monde autour du fameux PI (3,14). Et c’est à Tunis que ça se passe !

 «Rêvons ensemble pour une prise de corps par une prise de tête consciente et sensuelle de la danse contemporaine dans notre pays, en totale harmonie avec ses artistes-citoyens !» ainsi conclut Zeyneb Farhat sa présentation de «Danser à Tunis». C’est suite à une initiative d’Aly Mrabet, jeune artiste chorégraphe tunisien, que la directrice de programmation d’El Teatro s’est engagée à organiser «Danser à Tunis» (D.A.T) qui se tiendra vendredi 12 et samedi 13 février à El Teatro,
avec le soutien de l’Institut Français de Coopération (IFC). Cette rencontre artistique aura comme thème PI. «Quel beau concept qu’est le : PI= 3,14 base de tout édifice qui a servi la construction de toutes les civilisations humaines: Grecque, Pharaonique, etc…

Ainsi, ce concept déterminera aussi bien l’essence de la rencontre que l’espace scénique, que l’aire du jeu (3,14m/3,14m), déterminée par le cercle et sa quadrature» explique Zeyneb Farhat, organisatrice de la manifestation. Le même concept sera exporté au Centre Culturel de Nabeul, dimanche 14 février à 17h. Du 21 février au 8 mars, D.A.T sera au Mad’Art à Carthage avec une programmation différente. Mais une soirée D.A.T, également, autour du thème PI est programmée, jeudi 4 Mars, à 20H.

J1 : Périples sonores, périples visuels

Entre sonorités électroniques et acoustiques, «Touka», spectacle solo d’Amira Chebli, puisera dans d’anciennes techniques de danse orientale et tribales d’une part, mais aussi dans la danse contemporaine libre.

Après avoir étudié les arts plastiques, la comédie, Amira Chebli s’intéresse désormais au cinéma. Et voici qu’elle investit son background hétéroclite dans un spectacle multidiscplinaire. «Danser à Tunis» va accueillir cette création, jeudi 11 février à partir de 19h.

Mais la scène d’El Teatro ouvrira son espace scénique, lors de cette manifestation sous le signe de PI, à deux autres spectacles de danse contemporaine pour la première journée de DAT.

Quant à Ines Chkimi, elle présentera ««Chant». Danse, design et chant, sont autant de disciplines artistiques qu’elle maîtrise. Ses rêves de femmes seront exprimés à travers ces trois arts réunis dans sa proposition chorégraphique. Quant à Amar Habli, son spectacle «Exercice» propose une réflexion au sujet d’une société de plus en plus portée sur la consommation. Entre ses expériences en Tunisie et à l’étranger, le spectacle de cet artiste danseur apportera des touches de maturité à D.A.T, une manifestation privilégiant l’approche expérimentale.

J2 : Inspirations urbaines

Trois spectacles seront aussi au menu de la deuxième journée de D.A.T. «Oxygène», ainsi s’intitule le spectacle d’Aly Mrabet, chorégraphe mais aussi figure comique de l’émission télé Ness Nessma. C’est la musique de Nessim Zeghidi alias Nazal qui viendra rythmer le show solo du jeune chorégraphe. Electro, Jazz et Down-tempo, Aly cherche, entre ces multiples sonorités, à être «connecté à l’environnement qui l’entoure malgré les songes qui envahissent sa tête et occupent son esprit». La section vidéo d’Oxygène est assurée par Boomj. Quant à la bande sonore, elle sera enrichie par la musique de Brain Damage, celle d’Igor Stavinsky, Sayed Darweech et Abdelwahab. L’extrémisme expérimental sur scène !

«Ayant une tendance à mélanger les genres et les styles pour n’en faire qu’un, il nous assure que la tradition du Hip Hop, encore fraiche, sera respectée» ainsi est présenté le spectacle de Majdi Smiri alias Maguy. Son spectacle s’intitule «El Baraka» en référence au terme «barrek», appellation du B-Boy dans le jargon de la culture hip hop dans sa déclinaison tunisienne.

De son côté, Nessrine Chaabouni a compté sur une musique composée
par Oussama Mhidi. Et c’est Kerim Bouzouita qui assure le sound design du show. «Comme sur un fil» est situé entre la pratique de la danse et la théorie de cet art.

A part la danse, ils portent tous ou presque de multiples casquettes. Aly Mrabet est acteur (Weld Ettalyena), humoriste (Ness Nessma). Il fut même un temps où il gérait une webradio. Amira Chebli est actrice (CM Le Secret) et chanteuse (Bass Project). Maguy, lui, est également rappeur, acteur (Njoum Ellil) et réalisateur (Tounsi wrassi ali). Leur vocation première, à savoir la danse contemporaine manque de visibilité et d’événement en Tunisie. Gageons que la manifestation «Danser à Tunis» soit le point de départ d’une nouvelle dynamique artistique !

Thameur Mekki

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