Tunisie : Wajdi Trabelsi, le règne du «Paradoxe»

Après avoir eu sa «Vengeance» de ses premiers détracteurs et une vaine tentative d’avoir le «Pouvoir», le groupe Mascott a laissé place à la rage de «Mentalité 7wem». Mais Big Boss, de son vrai nom Wajdi Trabelsi, n’en est pas à un «Paradoxe» près.

Après trois albums avec son groupe Mascott, le rappeur Wajdi Trabelsi se lance en solo. «Paradoxe» ainsi s’intitule son nouvel album. Cet opus de rap tunisien sera prochainement dans les bacs. Mais avant d’y prendre place, les morceaux de «Paradoxe» sont en écoute libre, en avant-première, sur Facebook. C’est que le web continue à être le canal de diffusion principal de la musique du leader du groupe de rap tunisien Mascott. Après le compte myspace et la page fan Facebook de son combo, le rappeur continue à parier sur le net pour la promotion de son premier album solo non seulement avec une page fan Facebook propre à lui, mais aussi avec tout un site consacré à cet MC tunisien. Encore en cours de construction, ce portail contient déjà onze morceaux extraits du nouvel album «Paradoxe».

Figure importante du mouvement hip hop en Tunisie, Wajdi Mascott a roulé sa bosse plus de 10 ans avec son groupe. L’album «Paradoxe» est un album très personnel fruit de multiples expériences. A cœur ouvert, il y confesse ses paradoxes et ceux qu’il observe. Il nous invite à ses «Coulisses», ouvre le feu sur un «Occident Raciste», se met face à la «Mreya», se présente comme un «Hustler» et cherche à prendre en main le «Rap Game».

L’intitulé de cet album est aussi évocateur qu’intriguant. Et pour cause, le cursus de Wajdi Mascott est une succession de paradoxes. Le premier album de son groupe Mascott, «Vengeance» sorti en 2004, est caractérisé par une musique fortement influencée par la vieille école du rap français. On y trouve des beats hip hop très en vogue durant les années 90 et des compos basées essentiellement sur le sampling. Quant aux sujets évoqués dans les morceaux de l’album «Vengeance», ils étaient, dans leur majorité, mélancoliques et porteurs d’un discours moralisateur.

Avec «Pouvoir», deuxième opus du groupe édité en 2008, exit la mélancolie ! Place à la musique festive. Et sur le plan musical, ce n’est plus le règne de l’influence d’IAM, Assassins et autres groupes pionniers de la scène hip hop française. Cet album est plutôt caractérisé par l’impact rythmique de la tendance montante de la «Rai’n’B Fever» dans l’industrie du disque française. Les sonorités sont généralement issues de la musique folklorique maghrébine. Ainsi, les membres de Mascott basculent de l’empreinte réaliste du rap underground de «Vengeance» à l’orientation commerciale répondant aux critères typiques de l’industrie du disque française. La musique de «Pouvoir» en témoigne. La volonté de tenter l’export est clairement affichée.

Le dernier album du groupe de Wajdi Trabelsi est sorti en 2009. Intitulé «Mentalité 7wem», les textes sont plus «street» que jamais. Les compositions sont à la page avec les rythmes et les sonorités propulsées actuellement par le rap US.

Après avoir eu sa «Vengeance» de ses premiers détracteurs et après une vaine tentative d’avoir le «Pouvoir», place à la rage de «Mentalité 7wem». Les orientations se diversifient, et les paradoxes s’enchaînent. Pour le début de la carrière solo de Wajdi, une auto-thérapie s’est imposée.

Thameur Mekki

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