Tunisie : 160 000 emplois High Tech en vue

On compte 400 000 étudiants en Tunisie en 2010. Ils étaient 70 000 en 1995. Le problème : comment créer de l’emploi pour tout ce beau monde ? La nouvelle stratégie nationale dédiée à la high tech veut contribuer à résorber le chômage des diplômés. Et avec des postes à haute valeur ajoutée.

La Tunisie est le pays qui forme (proportionnellement à sa population) le plus d’ingénieurs et de techniciens chaque année, au sud de la Méditerranée. Et pour cause : 30% des 400 000 étudiants tunisiens  suivent des formations  scientifiques telles que l’ingénierie, l’informatique et autres sections technologiques. Des journaux étrangers de référence comme Le Moniteur du Commerce International (Le Moci est l’une des plus anciennes revues spécialisées de France, puisque son premier numéro date de 1883), soulignent l’arsenal d’infrastructures destinées à l’industrie technologique mis en place dans notre pays.

28 000 chercheurs, 11 pôles technologiques,  630 unités de recherche disséminées sur tout le territoire de la République sont mobilisées pour accompagner la Tunisie sur la voie du développement. «Les pôles doivent permettre de créer 160 000 emplois et notre objectif, dans le cadre de notre stratégie industrielle 2016, est aussi de se renforcer avec 26 nouveaux laboratoires », a précisé Afif Chelbi, le ministre de l’Industrie et de la technologie, au forum d’investissement de Carthage, organisé par l’Agence de promotion des investissements étrangers (Fipa) à Tunis, jeudi 3 et vendredi 4 juin.

Dans le contexte actuel, la Tunisie ne se contente pas d’être simplement un pays en voie de développement à main d’œuvre bon marché. Le capital humain est crucial. Dans cette lignée, l’emploi des têtes pensantes se veut une locomotive pour le développement. Le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, explique : «La croissance a été tirée jusque là par l’efficience du programme de mise à niveau. Demain notre croissance devra être tirée par l’innovation technologique et les secteurs à haute valeur ajoutée».

Le portail tunisien d’info économique, Kapitalis, relate un autre extrait du discours de M. Ghannouchi : «Cela est possible grâce à la qualité de nos ressources humaines, de nos infrastructures et des pôles technologiques que nous avons mis en place. Grâce aussi à l’installation d’un nombre croissant de groupes innovants dans les domaines des télécoms, de l’informatique, de la pharmacie, etc. Grâce enfin à la politique de soutien du gouvernement à la recherche scientifique et à la technologie, dont la part dans le budget de l’Etat a atteint 1,25% du PIB en 2009» affirme le Premier ministre. Le même site note que ce taux atteindra 1,3 en 2010 et 1,5 en 2014.

Cette vision est globale. Différents organismes sont impliqués dans la dynamique industrielle tunisienne. L’Agence Nationale de Promotion de la Recherche et de l’Innovation (ANPRI) a aussi un rôle à jouer dans cette stratégie de développement high tech. Son directeur général, Bahri Rezig, en a parlé à WebManagerCenter : «le ministère de l’Industrie et de la Technologie prendra en charge l’évaluation de l’innovation dans l’entreprise à l’instar de ce que nous sommes en train de faire, nous-mêmes, pour juger de la qualité de la recherche à l’Université».

Et il ajoute : «Nous nous rejoindrons sur des projets de valorisation, tels les moyens à mettre en œuvre pour assurer la propriété intellectuelle, sur les transferts, nous sommes en train d’installer des bureaux de transfert technologique dans les universités».

«En 1995, nous comptions 70 000 étudiants. Ils sont aujourd’hui 400 000, soit 4 % de la population, ce qui est un niveau équivalent à celui de l’Europe» déclare le directeur général de l’API, Mohamed Ben Abdallah, à lemoci.com. Centres de recherche et de développement et bureaux d’étude dans des secteurs de haute technologie, comme l’électronique, l’aéronautique ou l’automobile et autres structures à vocation technologique sont accueillis par la Tunisie afin de donner de l’appui à l’emploi et remédier au chômage. Les milliers de diplômés de l’enseignement supérieur à la recherche d’emploi le valent bien !

Thameur Mekki

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