Cinéma: La Sicile reconstituée en Tunisie

Vingt ans après le chef d’œuvre, Cinema Paradisio, l’incontournable réalisateur italien Giuseppe Tornatore a reconstitué 50 ans d’histoire de la Sicile dans des studios de Tunisie. Cette superproduction de Trak Ben Ammar est désormais disponible sur les écrans de nos cinémas.

Querelles entre républicains et communistes, mafia et corruption, rêves d’enfance et cinéma, rires et déceptions du quotidien et autres sujets aussi sensibles que flamboyants se bousculent durant les deux heures et quarante minutes de «Baaria». Le dernier film de l’incontournable réalisateur italien Giuseppe Tornatore sort en salles de cinéma tunisiennes samedi 26 juin 2010.

Produit par Tarak Ben Ammar, «Baaria» est, à partir d’aujourd’hui, à l’affiche du «Parnasse» au centre ville de Tunis, à «Alhambra» à La Marsa et au «Hannibal» du côté d’El Manar. La sortie officielle de «Baaria» en France date du 16 juin. Sa première internationale s’est tenue en septembre 2009 à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la prestigieuse 66ème édition de la Mostra de Venise.

Les événements de ce long-métrage autobiographique se déroulent à «Baaria» (en dialecte sicilien, Bagheria en Italien), une petite ville située en Sicile dans la province de Palerme. Il s’agit d’un film autobiographique où Tornatore, également auteur de cette œuvre, passe en revue plus de 50 ans de l’histoire de ce lieu affecté par les changements politiques et sociétaux qui ont bouleversé l’Italie durant ces décennies. La famille du réalisateur est au centre des événements. Le film a été tourné en Tunisie, aux studios Carthago de Quinta Communications situés à Ben Arous du côté de la banlieue sud de Tunis. La ville de «Baaria» y a été reconstituée.

Giuseppe Tornatore en parle : «Nous avons un peu tourné en Sicile. Mais il était tellement plus pratique de la reconstituer en Tunisie, ce qui s’est révélé très amusant». Et il poursuit: «Il aurait été impossible de tourner dans la ville actuelle en Italie, surtout pour les scènes se déroulant dans les années 1920 et 1930. Il aurait fallu faire fermer des magasins, bloquer des rues, enlever les antennes de télévision des toits, démolir des maisons. C’était absolument impossible». Le décor du film aura coûté 15 millions d’euros. Les constructions ont duré une année entière. Voilà que Tarak Ben Ammar signe de nouveau une méga-production cinématographique.

25 semaines de tournage, 300 000 mètres de pellicule, 35 000 figurants, 200 techniciens, 2603 plans, 3222 raccords, 1107 effets numériques et 174 séquences, autant de chiffres qui témoignent de l’ampleur des moyens investis.

En cette saison culturelle 2009/2010, Quinta Distribution s’est distingué en proposant au public tunisien de grosses productions du cinéma international. Après «This is it», documentaire autour du feu Michael Jackson et «Manolete» avec Adrien Brody et Penelope Cruz en têtes d’affiche, voici que la firme de Tarak Ben Ammar propose «Baaria» à l’affiche des cinémas de Tunisie. La dernière grosse production cinématographique tournée en Tunisie ne tardera pas à être sur nos grands écrans selon Quinta Communication. Il s’agit du dernier film polémique du réalisateur algérien Rachid Bouchareb: «Hors-la-loi».

Thameur Mekki

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