Le piratage n’existe pas en Tunisie

Des prix Nobel d’économie défendent (sans le savoir), les vertus du modèle tunisien, et notre Galerie 7 nationale. Or selon le dictionnaire Larousse, le piratage n’existe pas dans notre pays. Et Tekiano offrira désormais à ses lecteurs, des liens de téléchargement. Souriez ! C’est la Tunisie !

Que les défenseurs de l’ordre établi (informatique) se réjouissent : il n’y a pas de piratage en Tunisie. Non que nos compatriotes aient décidé, contre toute attente, de payer au prix fort des licences pour des logiciels, des films, des jeux disponibles quasi gratuitement. Si le piratage n’existe pas en Tunisie, c’est d’abord pour des raisons linguistiques. Selon le dictionnaire Larousse, pirater signifie «faire une copie d’un film, d’un enregistrement, d’un logiciel, etc., en dehors des circuits légaux. Accéder illégalement à un système informatique depuis un ordinateur distant afin d’en consulter les données, de les modifier, voire de les subtiliser».

En d’autres termes, un pirate est d’abord stigmatisé pour l’illégalité de ses actes. Or dans notre pays, nul besoin de sortir des «circuits légaux» pour acquérir, à des prix dérisoires des films, des enregistrements et autres logiciels. Les films sont distribués en DVD dans toutes nos grandes surfaces, souvent même avant leur sortie en Europe. Or personne n’ira accuser nos hypermarchés de piratage. Sans même parler des milliers de boutiques patentées, qui permettent à nos concitoyens d’accéder aux derniers films, des plus grands réalisateurs mondiaux, même dans les coins les plus reculés de la Tunisie. En plus d’être l’ultime recours de nos chômeurs diplômés, nos boutiques de gravure favorisent la diffusion de la culture cinématographique, musicale, et informatique même au fin fond des quelques zones d’ombres qui restent.

Mais au-delà des raisons sociales, et culturelles, les facteurs économiques sont tout aussi importants dans un contexte mondialisé. Et à cet égard, des références internationales, des maîtres à penser des sciences économiques se sont prononcés. Et leurs propos sont sans équivoque.

Des prix Nobel défendent la Galerie 7

Paul Krugman, l’iconoclaste prix Nobel d’économie 2008, rappelle, dans une tribune publiée en 2008 dans le New-York Times, que même si les téléchargements font baisser les ventes de disques, les groupes de Rock peuvent faire de l’argent en convertissant leur succès virtuel sur YouTube en espèces sonnantes et trébuchantes. Et pour ceux qui tentent de freiner la tendance, il annonce : «Bit par bit, tout ce qui peut être digitalisé le sera, et la propriété intellectuelle sera encore plus facile à copier et plus difficile à vendre plus cher qu’un prix nominal. » Autant dire que la soi-disant lutte contre le piratage est un combat d’arrière-garde.

Joseph Stiglitz, l’un des fondateurs de l’économie de l’information, (et prix Nobel d’économie 2001), va encore plus loin. Sa déclaration tonitruante a d’ailleurs été reprise par une foule de médias imprimés ou en ligne : «la restriction à l’utilisation du savoir, soit le système de la propriété intellectuelle, est inefficace. Essayer de maintenir coûte que coûte le système existant est une trop lourde charge financière alors que les bénéfices se réduisent. Quand des produits deviennent trop chers, les consommateurs contournent le système pour acheter moins cher. Sauf que, ici, le coût est égal à zéro». Dans un article paru le 15 septembre 2009 dans le quotidien français «Libération», il affirme que vouloir prendre des mesures pour protéger le modèle imposé par les majors, «c’est comme si on cherchait à sauver l’industrie du cheval et des cochers à l’ère automobile».

Souriez, c’est la Tunisie !

En d’autres termes, ces prestigieux économistes, défendent becs et ongles (vraisemblablement sans le savoir), les vertus du modèle tunisien. On ne va tout de même pas contredire des prix Nobel ! D’autant plus que Krugman et Stiglitz ne sont pas les seuls économistes à remettre en cause le modèle dominant, et les intérêts des multinationales du logiciel et de l’entertainment.

Autant de raisons qui ont amené Tekiano à apporter sa pierre à l’édifice, et à offrir désormais de nouveaux services à ses lecteurs. En clair : à chaque fois que ce sera possible, nous leur offrirons à les liens de téléchargement qui, nous l’espérons, feront leur bonheur. Un service citoyen et militant, qui aurait pourtant été réprimé par les politiques obscurantistes et contreproductives qui sévissent en France, (Hadopi, et consorts). Alors ne boudons pas notre plaisir. Sourions ! Nous sommes en Tunisie !

Oualid Chine

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