Tunisie : Le haschich, l’alcool, et la loi

La loi pénalisant la consommation des drogues douces (dont le Cannabis), sera bientôt révisée. Selon une étude scientifique, le cannabis serait moins nocif que l’alcool et le tabac. Mais quand on mixe hasch, alcool et tabac, gare aux dégâts !

La loi tunisienne n°52, datant du 18 mai 1992, relative à la consommation des drogues douces (dont le Cannabis), sera bientôt révisée. C’est ce qu’on pouvait lire dans un article paru dans le quotidien tunisien arabophone Assabah. Car il faut savoir qu’en Tunisie, hormis les trafiquants et autres cultivateurs « indépendants » qui écopent des sanctions maximum, (en l’occurrence des peines d’emprisonnement allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité), les consommateurs, (même passifs, en contact indirect avec cette plante) tombent aussi sous le coup de la loi. Les personnes ainsi incriminées peuvent écoper d’une peine prison qui varie entre 1 et 5 ans et d’une amende pouvant atteindre les 5000 dinars. Mais qu’en-il réellement des dangers du cannabis ?

Le chanvre (Cannabis en latin) est considéré comme étant « drogue douce», et a des propriétés psychotropes. Il se décline sous plusieurs variétés et dénominations (Hachisch, Zatla, Marijuana…) et contient une substance spécifique appelée tétrahydrocannabinol (THC) qui constitue en fait le principe actif de la plante. Et c’est cette même substance, le THC, qui peut être décelée dans l’urine et les cheveux, de ceux qui ont été en contact avec le cannabis.

C’est d’ailleurs suite à une analyse de leurs cheveux, leurs urines, ou leur sueur (et autres émanations corporelles) que les consommateurs sont généralement « démasqués », puis appréhendés. Dès lors, il suffit dans certains cas extrêmes, d’inhaler même accidentellement de la fumée pour être dépisté positif ! D’où certains dommages collatéraux pour les fumeurs passifs, parfois pour de simples étudiants et lycéens, qui se sont retrouvés du jour eu lendemain cloués au pilori. Dans ce sens, la législation tunisienne sera donc reconsidérée en fonction des faits avérés (s’il s’agit d’un fumeur ou d’un fumeur passif), de l’âge du condamné et de sa situation sociale.

Prohibé dans certains pays mais toléré dans d’autres, le haschich n’a pourtant pas toujours été perçu comme étant uniquement un stupéfiant. En effet, selon l’encyclopédie en ligne  Wikipédia, la plante est utilisée depuis à la nuit des temps, pour ses vertus thérapeutiques et a été mentionnée aussi bien dans des textes de l’Egypte ancienne que dans de célèbres recueils chinois à l’instar du plus vieux livre de plantes médicinales chinoise (le Shen nung pen Ts’ao king).

D’un autre côté, malgré la polémique que suscite cette drogue à travers le monde, la médecine moderne a déjà effectué des tests visant à déterminer les effets thérapeutiques du cannabis sur l’être humain. Plus précisément sur les malades atteints de sclérose en plaque. C’est ce que rapporte un article paru dans le portail en ligne Doctissimo. Certains lui attribueraient même des vertus thérapeutiques dans le traitement de certains cancers où la plante est utilisée en tant qu’analgésique naturel pour lutter contre la douleur.

 

Selon une récente étude menée par la a Fondation Beckley, une institution britannique caritative spécialisée dans les troubles de la santé mentale, le cannabis serait moins nocif que l’alcool et le tabac. Face à ce constat, le Royaume-Unis plancherait sur un prochain reclassement du cannabis, en le faisant passer de catégorie B (des drogues douces) à la catégorie C (parmi les tranquillisants) ! A croire cette étude scientifique, la diabolisation du haschich, peut donc paraître excessive pour les plus permissifs.

Reste que la banalisation de cette drogue n’est pas pour demain, car même si le chanvre s’avère moins toxique que l’alcool ou le tabac, le mélange des trois peut s’avérer dangereux. Le haschich pourrait avoir tendance à démultiplier les effets nocifs des deux drogues légales que sont l’alcool et l’herbe à Nicot (le tabac, pour les intimes). De plus, les effets du hasch peuvent se révéler dévastateurs pour les adolescents et les personnes psychologiquement fragiles.

L.B.C

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