La Tunisie changera d’adresse IP en 2013

Les temps sont durs pour l’Internet en Tunisie. Nous assistons en effet aux derniers souffles de l’adressage IP actuel. «Si rien n’est fait maintenant, on risque de se heurter à un problème de connexion avec les pays étrangers», déclare l’ATI lors d’une journée d’étude sur l’IPv6.

Les temps sont durs pour l’Internet en Tunisie et dans le monde entier. Nous assistons en effet aux derniers souffles de l’adressage IP actuel. Celui qui nous permet de nous connecter à Internet et qui offre à beaucoup de sociétés tunisiennes la possibilité de traiter en ligne avec l’étranger. «Les services développés actuellement autour de l’IPv4 arriveront un jour à une limite. La croissance sera graduellement ralentie» averti M. Olivier MJ Crepin-Leblond de l’Internet Society (ISOC), association internationale pour promouvoir et coordonner le développement des réseaux informatiques dans le monde.

«Il faut être proactif d’autant plus que l’économie tunisienne repose essentiellement sur le nearshoring et le offshoring», rappelle M. Atef Loukil de l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI). Ce dernier explique en effet que «l’Europe est en avance sur nous dans les préparatifs du passage au tout IPv6. Si rien n’est fait maintenant, on risque de se heurter à un problème de connexion avec les pays étrangers». Le conférencier de l’ATI a ainsi mis en exergue les retombées néfastes sur l’économie tunisienne si notre pays ne se décide pas de faire le grand saut au tout IPv6 avant que les indicateurs ne virent au rouge.

Passons à la version 6 et vite !

Ces indicateurs là, sont multiples, et touchent aussi bien le volet technique que financier. Mais tout d’abord, expliquons ce qu’est une adresse IP. Pour les allergiques aux termes techniques, une adresse IP pour Internet est à peu de chose près ce qu’une adresse postale est pour le facteur. Si, dans la vie physique, les lettres timbrées font office de support de transmission d’informations, dans le monde virtuel, ce sont plutôt les paquets TCP/IP qui véhiculent les données. Pour que ces derniers arrivent à leur destination, il leur faut l’adresse numérique de la machine (un serveur web par exemple) qu’ils doivent atteindre. Cette adresse composée de 12 chiffres maximum, peut être, par exemple, sous la forme de 193.95.66.10.

Cette adresse est appelée IPv4 pour Internet Protocol version 4. Grâce à elle, on peut connecter jusqu’à 4 294 967 296 machines sur un réseau et ce, quel que soit son type, local (comme celui d’une entreprise) ou Internet. Seulement voilà, la barre des 4 milliards de machines publiques (ordinateurs, serveurs, etc.) connectées dans le monde est quasiment atteinte. Les conséquences ? Les adresses IPv4 deviendront de plus en plus rares. Moins de machines pourront se connecter à Internet. La croissance de tous les secteurs d’activité d’un pays sera fortement ralentie et perturbée.

La Tunisie basculera en IPv6 en 2013

Mais la solution est là et existe depuis plusieurs années. C’est l’Internet Protocol version 6 (IPv6). Une adresse IPv6 est composée de 32 caractères hexadécimaux (codage en 128 bits). Elle peut être sous la forme de 2001:0db84350:0000:85a3:0000:0000:ac1f:8001. Grâce aux différentes combinaisons on peut faire connecter un nombre astronomique de machines sur le Net.

Les enjeux économiques sont énormes. La Tunisie est donc appelée plus que jamais à passer à la vitesse supérieure dans sa stratégie de basculement au tout IPv6. On ne s’étonnera pas, dès lors, d’apprendre que l’ATI a créé une commission nationale depuis 2009 dans le but d’achever l’intégration totale de l’IPv6 avant 2013.

Welid Naffati

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