Tunisie : Les dessous du buzz de l’ambassade du Canada

Le web tunisien se désole ouvertement et d’avance devant l’éventualité de la fermeture de l’ambassade du Canada. A croire que nos jeunes n’ont qu’une seule idée en tête : partir. Le Tunisien serait-il lui-même désormais destiné à l’exportation ?

La rumeur de la fermeture de l’ambassade du Canada s’est répandue comme un feu de brousse sur le web tunisien. Nos internautes seraient-ils à ce point intéressés par les affaires diplomatiques canadiennes ? Une chose est sûre : la rumeur tombe comme un cheveu sur la soupe. D’autant plus que la représentation diplomatique de ce pays vient à peine d’organiser le 10e Salon canadien de l’éducation, (du 29 au 31 octobre à Tunis, et le 2 novembre à Sousse).

Plus d’une vingtaine d’institutions universitaires étaient présentes en Tunisie, rivalisant de séduction, mettant en avant les arguments les plus percutants, pour tenter d’attirer nos jeunes. Et visiblement, ça marche. Puisque plus de 2.000 étudiants tunisiens ont choisi de poursuivre leurs études au Canada, malgré le froid, les taxes d’inscription plutôt élevées, et l’éloignement géographique. Et chaque année, entre 700 et 800 tunisiens choisissent de quitter les rives ensoleillées de la Méditerrané en faveur de ce pays nord-américain.

C’est que le Canada a encore des allures d’Eldorado qui n’a pas encore fermé ses portes. Contrairement à la forteresse de Schengen, la politique migratoire du pays de l’érable nourrit les rêves d’ascension sociale. On ne compte plus les agences qui ont pignon sur rue en Tunisie, et qui surfent sur cette vague, en vendant le rêve canadien au plus offrant. Une affaire florissante, puisque les clients sont nombreux. Le Tunisien lui-même serait-il désormais destiné à l’exportation ? Ce ne sont pas les appels à dénicher des emplois à l’étranger pour nos cadres qui vont résorber la tendance.

Les étudiants, les (plus ou moins) jeunes diplômés voient donc, dans les grands espaces canadiens une porte de sortie entrouverte mais dorée, un exutoire… un fantasme. Que l’ambassade de ce pays puisse fermer, prend donc des allures de mélodrame. Les réseaux sociaux, et twitter en particulier ont relayé la rumeur qui prend sa source dans un article paru dans la presse canadienne puis cité par Businessnews. Et puisque on compte des Tunisiens résidants au Canada parmi les membres les plus actifs et les plus influents de twitter, l’écho de la nouvelle n’a pas fini de se répercuter parmi les tn-tweeples.

La news a été rapidement reprise par le nouveau blogzine tunisien a7ki.net qui commente : «Mauvaise nouvelle! Très Mauvaise nouvelle mes amis (…) Le seul pays qu’on croyait encore prêt à accueillir des tunisiens se prépare à devenir comme les autres pays ‘’snobs’’et qui n’acceptent pas des gens comme nous». Le tout agrémenté d’une caricature particulièrement explicite signée Zinga. A croire que les gens «comme nous» n’ont qu’une seule idée en tête. Partir.

Lotfi Ben Cheikh

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