Tunisie : Les quartiers ont droit au «Tafrik»

C’est au tour du «Tafrik» de porter la parole des créateurs issus des cités après que «Takriz» ait porté celle des plus enragés. «Men wra le7iout», leurs voix, pinceaux et plumes briseront l’intra-muros idéologique. Gloire aux jeunes ! Gloire à l’art de la rue !

«Men Wra Le7iout», soit littéralement «Au-delà des murs». Ainsi a été baptisé un nouveau collectif d’artistes réunis autour du satirique slogan : «7a9 el 7ouma fettafrik». La chanteuse et musicienne Badiâa Bouhrizi alias Neyssatou nous en parle : «Ettafrik (terme en arabe dialectal) signifie rigoler mais aussi démanteler pièce-par-pièce». Et elle poursuit : «A travers cette métaphore, on voudrait réclamer et exercer notre droit à critiquer tout en faisant ce que l’on aime le plus, notre activité artistique».

Le collectif est constitué d’artistes adeptes de la culture urbaine issus d’El Kabbaria, quartier situé au sud de la capitale tunisienne. Les membres de «Men Wra Le7iout» sont le graffeur Moez Ben Hassine, Neyssatou, et son frère, le rappeur Mohamed Amine Bouhrizi alias Madou MC ainsi que Radhouane et Riadh Fiddini, tous les deux membres de Dub Mil Kabba.

«Notre collectif vise également à œuvrer pour l’émancipation de la communauté des artistes issus des quartier chauds de la marginalisation qu’ils subissent» indique Neyssatou. Ainsi, lors de cette phase d’après-Révolution, ces jeunes s’organisent pour briser l’intra-muros idéologique étouffant.

«Il y a un véritable bouillonnement culturel dans nos quartiers. Nous en sommes les protagonistes et les porte-paroles. Et nous voulons que ce soit pris en compte par les décideurs» déclare Neyssatou en alternant «Les jeunes représentent la majorité de la population tunisienne. Pourtant, ils ne sont pas du tout représentés dans la société civile en Tunisie. Il est temps que ça change».

Tout le peuple tunisien a contribué à la Révolution. Mais les jeunes ont toujours été au premier rang, dès les premières étincelles et jusqu’à la chute du régime de ZABA. L’heure des réformes a sonné. Et les jeunes ont droit à une place de choix dans la société civile tunisienne de l’après-Révolution.

Thameur Mekki

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