Anonymous, de Sidi Bouzid à Tripoli

Passés les premiers moments d’angoisse, les Libyens bousculent les dernières poches de résistance de la dictature. Et le Net leur apporte une aide précieuse via les cybermilitants du monde entier. Après s’être illustré en Tunisie, Anonymous passe à l’action en Libye.

anonym«Il faut être clair : la Révolution a été menée et continue d’être mené par des militants dans les rues de toute la Tunisie. Notre rôle se limite à la diffusion d’images, de vidéos, sur le Net, de façon à briser le mur du silence, à contourner la censure, dont on ne s’est pas encore complètement débarrassé ces jours-ci ». C’est à peu de choses près le discours tenu par les hacktivistes et autres facebookers qui ont pourtant largement contribué à l’éviction de Zaba. Et la lutte continue sur d’autres fronts, pour débarrasser le pays des vestiges de Ben Ali, et pour prêter main-forte à nos frères, en Libye.

En première ligne sur le front virtuel, se trouve Anonymous. Un groupe international né en 2008, cristallisant la lutte contre la secte de la Scientologie. Un mouvement que les Tunisiens ont appris à connaître dans les pires moments de la révolution, alors même que Zaba s’accrochait encore désespérément au pouvoir. Les sites gouvernementaux ont été engorgés, attaqués sans répit, jusqu’à être coupés.

Dans un communiqué de presse, daté du 19 février, le groupe Anonymous annonce : «Depuis trop longtemps, le peuple libyen a souffert en silence. Avec les récents soulèvements en Tunisie et en Egypte, la peur a disparu chez les peuples arabes de toute la région. Le temps du silence est révolu (…) Anonymous est avec vous dans cette lutte». 

Une aide d’autant plus appréciable que les journalistes sont interdits de séjours dans la Libye de Khaddafi. Lucie Morillon de Reporters Sans Frontières (RSF),  (citée par le Nouvel Obs) souligne : «Contrairement au Caire ou à Tunis, il y a très peu de journalistes à Tripoli. Les images et les informations sortent au compte-goutte alors que la répression est sans commune mesure avec l’Egypte et la Tunisie. Les Anonymous participent à faire circuler l’information».

Le groupe a ainsi mis à la disposition des Libyens des lignes et des numéros pouvant être connectés au net, alors même que le blackout est presque total. Des vidéos comme celles-ci sont postées sur le web, expliquant comment déjouer les coupures.

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Pour plus d’explications encore, une page web pouvant être faxée à destinations des libyens décrit les méthodes permettant de se connecter au web avec plus de détails.

Une opération Black Fax est lancée, visant à faire crouler les fax des institutions gouvernementales libyennes sous l’assaut de centaines de milliers de pages noires.

  Passés les premiers moments de terreur et d’angoisse, nos frères libyens bousculent les dernières poches de résistance de la dictature. Et le Net leur apporte une aide précieuse via les cybermilitants du monde entier. Selon une méthode expérimentée d’abord en Tunisie, et qui a fait ses preuves  en Egypte. A croire que la Révolution et ses recettes concoctées à Sidi Bouzid et à Kasserine  est devenue le premier produit d’exportation de la Tunisie. Même si notre Cepex, n’y est sans doute pour pas grand-chose.

 

OC

 

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