Sage attaque le piratage en Tunisie

 

Un poids lourd du logiciel annonce son intention de s’attaquer au piratage en Tunisie, après avoir lancé une campagne similaire au Maroc. Plutôt audacieux dans un contexte révolutionnaire. Nos 70 000 magasins de gravure de CD piratés seraient-ils menacés ?

L’éditeur de logiciels de gestion d’entreprises Sage a annoncé son intention de mener campagne sur le marché tunisien afin de contrecarrer le marché noir et ses logiciels piratés. C’est sans doute la première annonce anti-piratage dans la Tunisie d’après la révolution.

«Nous comptons lancer des campagnes de régularisation avant de sanctionner plus lourdement ce comportement intolérable. Nous allons travailler avec les administrations, les organisations professionnelles, les douanes, les magistrats pour rendre plus efficace la lutte entamée pour protéger nos droits de propriété intellectuelle » a déclaré Grégory Desmot, Directeur Général  de Sage pour le Maghreb.

Et il ne s’agit pas de paroles en l’air, puisque l’entreprise compte pas moins de 6,2 millions de clients dans le monde et la bagatelle de 13 400 salariés. Un poids lourd des technologies, donc. Même si au niveau Maghrébin, la société n’a «que» 50 collaborateurs et «un réseau de 120 partenaires et intégrateurs agréés».

Un communiqué nous indique qu’au Maroc, où Sage opère, l’entreprise «a déjà engagé des actions contre ses concurrents illégaux dans ce pays depuis deux ans, ce qui a donné lieu à des sanctions à l’encontre des pirates». Et visiblement, Sage compte rééditer son «coup d’éclat» en Tunisie, où il gère 4000 licences installées, grâce à «un réseau de distribution de 20 intégrateurs répartis sur tout le territoire de la République» (source : communiqué).

Reste à savoir si la société en question saura mener sa campagne avec efficacité dans un contexte pour le moins complexe. Et si les Tunisiens ne se sont pas vraiment massivement élevés contre le piratage avant le 14 janvier, vont-ils maintenant se mobiliser contre, en pleine Révolution ? Alors même que le chômage des jeunes diplômés constitue la priorité numéro un de la Tunisie, peut-on raisonnablement voir nos autorités (provisoires) se résoudre à fermer nos 70 000 magasins dédiés à la gravure pirate ?

A cet égard, il est bon de rappeler la déconfiture de Canal+ dans le Maghreb. Une chaîne privée française qui s’est associée à Slim Chiboub, un gendre du président en fuite, histoire d’être bien armée dans la conquête du marché des téléspectateurs tunisiens. L’introduction de la chaîne en Tunisie a finalement été repoussée aux calendes grecques, et a fini par se désengager du Maghreb… pour cause de piratage récalcitrant, justement.

 

LBC

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