Paris lance la chasse aux Tunisiens

«A Paris, le jasmin a l’odeur des menottes» titre L’Humanité. Les jeunes Tunisiens sont choqués. Ils quittent des années de dictature, et se retrouvent face à la flicaille de Sarkozy. Des ONG dénoncent clairement un ciblage raciste.

harraga140Les Tunisiens qui ont «brûlé» et traversé la Méditerranée pour rejoindre la tant vantée «Ville Lumière» en seront pour leurs frais. Matraque au petit matin, clé de bras au déjeuner, l’accueil est tel qu’un journal français se permet de titrer «A Paris, le jasmin a l’odeur des menottes». Des associations humanitaires dénoncent : «Les interventions et les interpellations policières dans les lieux de rassemblement et de distribution de repas de ces personnes relèvent d’un cynisme inacceptable».

Ceux qui doutent encore de l’hospitalité à la française seront fixées en lisant l’interview d’Omeyya Seddik, représentant de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), dans le Nouvel Observateur. M. Seddik, martèle: «Ces arrestations sont totalement arbitraires. Les policiers ont embarqué tous les jeunes Tunisiens, sans vérifier s’ils avaient ou non des papiers, alors que beaucoup ont des permis de séjour. En même temps, ils n’ont ciblé que des Tunisiens : nous dénonçons donc un ciblage raciste».

Mais gageons que nos jeunes, qui ont connu les bagas bleues de Zaba, sauront passer entre les mailles du filet. Même si après avoir voulu présenter son savoir-faire et sa technicité pour soutenir la répression de Ben Ali, la flicaille de France, ne semble pas moquer de ressources, à la surprise de nos harragas.

Omeyya Seddik souligne : «Les jeunes Tunisiens eux-mêmes ont été choqués. Ils quittent des années de dictature, et s’imaginaient arriver dans un pays démocratique, où les gens sont traités de manière légale et régulière. (…) On leur a remis des papiers, en leur disant qu’ils pouvaient circuler en Europe, et on les arrête. Certains sont véritablement traumatisés par ces événements. «Certains ont été libérés, d’autres sont toujours en garde à vue, d’autres enfin ont été envoyés dans des centres de rétention, sans que l’on sache pourquoi ces traitements diffèrent : encore une fois, c’est totalement arbitraire».

Le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, qui ne semble pas avoir renié ses origines bizertines rappelle : «Au moment où on s’affole pour 2.000 refugiés Tunisiens, les Tunisiens, eux, accueillent des dizaines de milliers de réfugiés Libyens du fait d’ailleurs de l’intervention des occidentaux (…), et ils les logent, leur donnent à manger et ils sont solidaires. Et nous on a l’impression que dans la grande Europe de 27 pays, de plus de 400 millions d’habitants, on ne peut pas absorber 20.000 réfugiés Tunisiens».

En fait, les jeunes Tunisiens se sont retrouvés impliqués dans des enjeux électoraux qui les dépassent. Et Sarkozy qui veut encore une fois racoler l’électorat d’extrême-droite a du pain (tunisien) sur la planche.

Synthèse LBC

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