Tunisie : Après Takriz, la censure frappera le porno

 

Les Tunisiens sont champions du monde dans la recherche d’images et de contenus liés au terme «sexe». Dans le top 10, on retrouve nos frères algériens, marocains, et libanais. La Turquie et le Pakistan font figure de sérieux challengers. Mais la polémique sur la censure du porno cacherait-elle des enjeux plus sérieux ?

18-ans-1Une plainte a été déposée, la semaine dernière, par trois avocats demandant le retour de la censure des sites pornos. Ils ont gagné. Le jeudi 26 mai, le tribunal de première instance de Tunis a émis un jugement donnant gain de cause aux trois hommes de robes. L’Agence Tunisienne d’Internet (ATI) est appelée à user des ciseaux virtuels pour trancher dans le vifs ces seins que l’on ne saurait voir sur nos écrans. Et l’agence en question a déjà fait usage des ciseaux, à la demande du Tribunal (militaire) pour mettre hors de portée de l’internaute moyen des sites comme Takriz.

La Tunisie N°1 Mondial

Or visiblement, les Tunisiens sont champions du monde dans la recherche d’images et de contenus liés au terme «sexe». C’est le moteur de recherche Google qui le relève. En effet, l’outil Google Insight for Search, affiche, dans son classement pour les 3 derniers mois, la Tunisie, en tant que numéro un. Dans le top 10, on retrouve nos frères algériens, marocains, et libanais. La Turquie est même le numéro 4 mondial sur le terme «porno». Le Pakistan est 7ème international sur le terme «sex». Le même classement et la même hiérarchie est respectée à peu de chose près quand on effectue ses recherches sur les 30 derniers jours. Comme quoi, on a beau être Musulmans, on ne s’intéresse pas moins à ces «choses».

Pis : l’action des avocats censeurs semble s’inscrire totalement à contre-courant des tendances tunisiennes. A en croire Google, la majorité de nos concitoyens, ont en effet voté (d’un simple clic de souris) pour le porno en ligne.

Réactions «chaudes» sur Twitter

Sur Twitter, les invectives fusent. C’est que les tn-tweeple ne semblent guère apprécier le retour insidieux de la censure. Sarcastique, Mehdi Lamloum lâche : «Après la censure des sites pornos, le même avocat va demander la censure des sites culinaires».

Out_rage enrage : «Je me rappelle des chaînes de cul sur Hotbird… Avec que des drapeaux de pays musulmans à côté des numéros. Hypocrites de merde». Toujours sur twitter, Taïeb Moalla, journaliste tunisien installé au Canada fulmine : «Je considère que Kamel Ben Younès écrit des papiers pornographiques. Faut-il pour autant censurer le site d’Assabah»?

Autant dire que les membres les plus actifs de la toile tunisienne sont quasi unanimement révoltés par la décision de censurer la pornographie en ligne.

La Tunisie n’est pas la seule

Pourtant, les plus conservateurs des Tunisiens ne sont pas les seuls au monde à déclarer la guerre à la pornographie sur le web. Ainsi, les Anglais se sont illustrés, depuis l’année dernière, dans une bataille anti-porno, visant purement et simplement à l’éliminer du net britannique. Même son de cloche dans un pays comme le Canada, pas vraiment soupçonné d’être un fief d’extrémistes islamistes. En décembre 2010 et jusqu’à la mi-janvier 2011, les Canadiens ont en effet été totalement privés des sites de charme. C’est dire que des pays réputés pour leur sourcilleuse liberté d’expression ont également tenté de faire appel aux services d’Ammar 404 pour éliminer le porno du net tunisien. Et selon certains de nos compatriotes, cette «croisade» libertine pourrait faire diversion et détourner l’attention de la «vraie» censure. Bassam Bounenni, journaliste auprès d’Al Jazeera relève ainsi : «on se révolte contre la censure du porno mais on s’organise pour signaler la page Takriz !

 

LBC

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