Tunisie- Médias : Hamadi Jebali se veut rassurant

 

Pour la seconde journée des célébrations de la journée mondiale de la liberté de la presse par l’UNESCO à Tunis, Hamadi Jebali s’est voulu rassurant, dans son discours, quant à l’avenir des médias en Tunisie.

«Tout au long du vol qui me ramenait de la Turquie vers la Tunisie, je n’ai pas arrêté de chanter l’hymne national Tunisien.» C’est ainsi que Tawakol Karaman, lauréate du Prix Nobel de la Paix 2011 a entamé son discours, lors de la conférence « Nouvelles voix, la liberté de la presse, un vecteur de transformation des sociétés» organisée à Tunis, conjointement par l’UNESCO et la Présidence de la République Tunisienne. La Yéménite poursuit en chantant l’hymne national tunisien et demandant à la salle de l’accompagner en expliquant «C’est l’hymne de la liberté, l’hymne qu’on a chanté dans nos rues arabes». Très émue et émouvante, Tawakol Karaman se dit être très honorée d’être en Tunisie, un pays où la jeunesse s’est soulevée pour un « Etat civil et démocratique». La liberté de la presse, dit Karaman «ce n’est un cadeau de personne, nous l’avons arrachée et nous la méritons».

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La lauréate de Prix Nobel de la paix insiste sur l’importance de l’information et sa diffusion «L’information dépasse les frontières aujourd’hui. Pas de démocratie sans liberté d’expression» affirme-t-elle. «A partir de la Tunisie, la Tunisie révolutionnaire, je lance un message aux autres pays, de respecter les droits humains et les libertés. Je lance aussi un appel à l’Etat tunisien d’instaurer un Prix récompensant les militants des droits de l’homme». Elle ne manque pas de remercier à la fin de son discours, le Président de la République tunisien, Moncef Marzouki : «un grand militant des droits de l’homme» déclare-t-elle.

Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a elle aussi insisté sur l’accès à la libre information. «Les citoyens ont soif d’information. La liberté d’expression est la seconde nature de la démocratie ». Elle revient également sur le rôle joué par les médias sociaux dans la diffusion des informations et le déclenchement des révolutions dans les pays arabes: «Les images de Bouazizi ont fait le tour du monde et ont libéré les voix » déclare-t-elle. « Nous entrons dans une civilisation d’Internet, et la dynamiques des médias est une force de changement ».

Pour conclure les discours d’ouverture de cette journée du vendredi 4 mai, le Chef du gouvernement tunisien Hamadi Jebali se souvient sur la tribune : «J’ai personnellement subit la répression de l’ancien régime contre la liberté de la presse. Ma première arrestation était due à un article que j’ai écrit sur le journal Al Fajr (Journal officiel d’Ennahdha, ndlr) intitulé ‘Le tribunal militaire n’est pas constitutionnel, quand-est-ce qu’on l’abolie ?‘.C’est ainsi qu’à commencé mes déboires avec l’ancien régime. Je suis très content d’être ici aujourd’hui pour célébrer la journée mondiale de la presse à Tunis. »

Le premier ministre se veut rassurant quant à l’avenir de la presse en Tunisie. «Il n’y a pas de démocratie sans liberté (…) La liberté de la presse est un acquis qu’il faut garder pour réussir la transition démocratique.» déclare-t-il avant d’ajouter : «Nous nous engageons à garder un média public et indépendant». Une déclaration qui a inspiré le caricaturiste Chedly Belkhamsa, dont les dessins sont projetés sur grand écran en temps réel.

Pour conclure, Jebali exprime son souhait de voir «l’assemblée nationale constituante avancer dans ses travaux pour l’élaboration d’une nouvelle constitution du pays afin d’organiser les prochaines élections dans un délai ne dépassant pas 2013.»

 

Tekiano

Caricature: Chedly Belkhamsa

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