Cannes 2012 : «La part des anges» de Ken Loach, une belle comédie sociale

 

La dernière fois que Ken Loach est venu à Cannes, il a remporté la Palme d’Or avec le film «Le vent se lève». Six ans plus tard, le cinéaste anglais revient avec «La part des anges», une comédie sociale qui oscille entre humour et triste réalité.

film-lapart-des-anges-230512«Voilà un bon film !». Mardi 22 mai, à la sortie de la projection matinale du film de Ken Loach «La part des anges», les réactions étaient plutôt positives. Ce n’est sans doute pas le meilleur film du célèbre cinéaste anglais, mais il s’agit d’une très belle comédie sociale qui pourrait bien compter dans le palmarès de la 65ème édition du Festival de Cannes.

«La part des anges» est l’histoire de Robbie, un jeune chômeur de Glasgow, qui s’apprête à être papa mais flirte encore avec la délinquance. Méprisé par sa belle-famille et ayant des problèmes avec des bandits de la ville, Robbie peine à échapper à sa misérable condition et ne cesse de replonger dans la violence. Condamné à des travaux d’intérêts généraux, sa rencontre avec Henri, l’éducateur qui lui est assigné, lui fait découvrir un talent : dégustateur de whisky ! Talent ou arnaque ? Robbie pense à une seule chose, un nouvel avenir pour sa petite famille et lui.

Deux ans après la déception de «Route Irish», Ken Loach revient en force avec «La part des anges». Un scénario intelligent, co-écrit avec son fidèle ami, Paul Laverty. Une comédie à l’anglaise qui ne perd pas de vue le côté social, si cher à Loach, et une approche drôle d’évoquer la lutte des classes ; d’un côté, les riches qui dépensent de l’argent dans des choses inutiles, de l’autre, la classe ouvrière qui se bat pour survivre et qui n’a d’autre choix que de devenir plus maligne que le système qui l’exploite. Et pour décrire une situation pas toujours rose, Loach a cette fois préféré l’humour. «C’est toujours bien de contrarier les attentes, de surprendre. Si tu dis que tu prépares un film sur de jeunes chômeurs délinquants, les gens s’attendent à une tragédie », explique-t-il à l’AFP.

Pas de stars pour l’affiche du film. Le personnage principal de Robbie est joué par l’Ecossais Paul Brannigan, lui-même chômeur dans la vraie vie, ce qui lui a facilité l’interprétation du personnage. « L’environnement m’est plus que familier, j’ai eu une enfance rude, comme des dizaines de milliers d’autres à Glasgow. J’ai pioché dans des émotions vécues et je m’en suis servi», déclare-t-il lors de la conférence de presse.

Quant au titre du film, «La part des anges», il s’agit d’une expression métaphorique qui désigne le petit volume d’alcool qui s’évapore durant la fabrication du whisky.

Huit sélections à Cannes, deux Prix du Jury pour “Secret Défense” en 1990, et “Raining Stone” en 1993, une Palme d’Or pour “Le vent se lève” en 2006, Ken Loach est un grand habitué du Festival. Pour son dernier film, le cinéaste de 76 ans s’autorise une parenthèse humoristique. On ne peut pas le lui reprocher… tant que c’est réussi.

Bande-annonce :

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Depuis Cannes, Sarah Ben Hamadi

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