Les femmes pro-Ennahdha seraient-elles contre plus de droits pour les tunisiennes?

 

A l’occasion de la Journée internationale de la femme, le bureau de la femme et de la famille d’Ennahdha a organisé un séminaire qui a réuni ses adhérentes au Palais des congrès à Tunis en présence de Rached Ghannouchi, le chef du parti, ainsi que Maherzia Laabidi, la vice-présidente de l’Assemblée constituante, et Sihem Badi, la ministre de la Femme.

Les magazines Ain et Tunivisions ont publié sur Facebook des photos atypiques qui vont à l’encontre de l’évènement fêté, à savoir la femme, la protection de ses acquis, son émancipation et la préservation de ses droits. Les photos qui ont largement circulé sur la toile, représentent des femmes portant des pancartes dans lesquelles il est écrit qu’elles sont radicalement contre la convention de CEDAW.

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La convention de Cedaw, ou Convention pour l’élimination de toute forme de discriminations à l’égard des femmes, a été adoptée le 18 décembre 1979 par les Nations unies, presque 30 ans après la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 Décembre 1948), elle se rapproche d’une Déclaration internationale des droits des Femmes. Porteuse d’un rêve de droit universel au féminin, quels que soient les contextes culturels, religieux et socio-économiques, elle constitue un outil précieux de recours pour les ONG et pour les mouvements de femmes à travers le monde.

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Cette convention demande l’abrogation de toute forme de discrimination entre l’homme et la femme et souhaite que la femme acquiert plus de droits y compris ceux relatifs à l’enseignement en encourageant l’éducation mixte et d’autres types d’éducation et en affirmant un accès égal aux bourses d’étude pour les filles. Elle demande que les États signataires prennent toutes les mesures appropriées contre le trafic de femmes, l’exploitation de la prostitution de la femme ainsi que la protection de ses droits au travail.

L’instauration du principe de l’égalité complète entre l’homme et la femme, notamment l’égalité dans l’héritage est le principal argument qui dérange les pays à tendance islamique et notamment le ministre des affaires religieuses Noureddine Khadmi qui a affirmé dans une interview accordée à Shems Fm que «la Tunisie a depuis longtemps formulé des réserves quant à la convention CEDAW qui violent l’identité de l’état et des ses institutions…La Tunisie n’a pas approuvé l’égalité de l’héritage et la parfaite égalité entre l’homme et la femme».

Certes la Tunisie émet des réserves de part ses croyances religieuses et son environnement socioculturel mais est ce une raison cependant pour que les femmes pro Ennahdha affichent des slogans tels que «Non à la convention de CEDAW», «Refus complet de la convention de CEDAW» et surtout «CEDAW, si vous faites un péché, ne l’affichez pas en grand public ». Ceci laisse supposer qu’elles ne comprennent pas les objectifs de cette convention ou ne comprennent pas carrément pourquoi elle a été instauré et la considèrent plus comme une invitation à la décadence et la légèreté des moeurs…

S.B.

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