Film “La Belle et Meute”: Périple nocturne d’une victime de viol pour faire valoir ses droits en Tunisie

Après une tournée en France, le film dramatique Tunisien “La belle et la Meute” de  Kaouther Ben Hania débarque enfin dans les salles obscures de Tunisie. Il s’agit là du troisième long-métrage de la réalisatrice après le documentaire “Zaineb n’aime pas la neige” titulaire du Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage édition 2016.

Produit par Cinétéléfilms et Tanit Films, il a participé au Festival de Cannes 2017 dans la sélection Un certain regard et rassemble en tête d’affiche les acteurs Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda, Mohamed Akkari, Chedly Arfaoui, Anissa Daoud, Mourad Gharsalli et Rim Ben Massaoud.

Une adaptation d’un fait divers tunisien qui a défrayé la chronique 

Le long-métrage est une libre adaptation d’un fait divers tunisien qui a bouleversé l’opinion publique en 2012, celui du viol d’une jeune fille tunisienne dont le pseudonyme est Mariem par des policiers. Une affaire qui a beaucoup fait parler les médias nationaux et internationaux et a mobilisé la société civile tunisienne.

La victime a édité, sous le pseudo de Meriem Ben Mahmoud, un livre sur son calvaire intitulé “Coupable d’avoir été violée” dont les droits ont été achetés par l’équipe du film même si la réalisatrice déclare qu’elle a librement adapté les faits et qu’il n’est pas forcément fidèle à l’incident puisqu’il se concentre sur une seule nuit.

Synopsis : Lors d’une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

Dans les rouages de l’administration tunisienne hospitalière et policière 

Le film se présente comme une succession de plan séquences pour un total de 9 chapitres. Les spectateurs sont plongés au coeur de cette nuit tragique celle du viol qui n’a pas été montré explicitement. C’est plutôt le parcours du personnage principal “Mariam” (Mariam Al Ferjani) et celui de son compagnon d’une nuit “Youssef” (Ghanem Zrelli) qui a été mis en avant.

Voulant se rétracter et étouffer l’affaire, Youssef a poussé Mariam a se défendre et se venger de la “Meute” qui l’a attaqué. C’est ainsi qu’elle se retrouve au coeur de l’administration tunisienne et a subir un calvaire familier ou tout spectateur tunisien s’y retrouve à un moment ou un autre de sa vie.

Mariem est malmenée de l’hôpital au poste de la police ou elle subit une pression insoutenable pour la convaincre à renoncer à ses droits et ne pas porter plainte. On tente de faire peur à la victime du viol qui se retrouve souvent dans la peau de l’accusée qu’on menace d’emprisonner en toute légalité…

Cru mais terriblement réaliste, le long-métrage montre cette difficulté à dénoncer des tabous de surcroît le viol, condamné par la jurisprudence tunisienne certes mais si difficile à prouver surtout si le bourreau est sensé défendre la victime…

De victime froussarde à une future Héroïne déterminée

Malgré toute la tragédie et le côté sombre dans lesquels baignent “La belle et la Meute” , les notes optimistes ne manquent pas. La réalisatrice a tenu à disperser des personnages positifs sans que leurs rôles ne soit appuyés mais qui donnent un soupçon d’espoir dans la situation chaotique (le médecin, le vieux policier, la journaliste…).

De plus le personnage de Mariam subit une véritable transformation psychologique tout au long de la nuit, une transformation que l’excellente actrice Mariam Al Ferjani a su traduire au fil de la succession des plans séquences, une très belle performance pour son premier rôle dans un long-métrage.

D’ailleurs son port du Sefseri à la manière des caps des super-héros à la fin (Alors qu’au tout au long du film, elle a essayé de se couvrir et se voiler avec ce tissu) montrent la détermination de la jeune fille et les prémices de la deuxième partie de l’histoire de “Mariem, la fille violée”qui a réussi à faire valoir ses droits et a condamné ses agresseurs à 15 ans de prison.

Le film “La belle et la Meute” de Kaouther Ben Hania participe à la compétition officielle des JCC 2017 catégorie long-métrage de Fiction. Il sera projeté aux JCC le 08 novembre à 21h15 au cinéma Le Colisée de Tunis, le 09 novembre à 15h30 au cinéma l’ABC et le 10 novembre à 18H45 au cinéma Alhambra Zéphyr à la Marsa.

La sortie nationale du long-métrage tunisien “La belle et la meute” se fera dès le 12 novembre 2017.

Sara Tanit

Lire aussi :

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JCC 2017: Liste des 14 Longs-Métrages de Fiction en lice pour la compétition officielle (Synopsis)

 

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