Kaspersky, victime collatérale d’une affaire de contre-espionnage internationale ? (Interview)

La solution anti-virus, fondée il y’a plus de 20 ans par Eugène Kaspersky, fait actuellement face à une vaste campagne de dénigrement. Bannie de certains pays comme les Etats-Unis et pointée du doigt par certains pays européens, Kaspersky assure pourtant qu’elle n’est liée à aucun État ou pays.

Dans ce contexte, nous avons rencontré deux responsables de Kaspersky Lab France officiant sur le marché africain : Pascal Naudin, Head of B2B sales North Africa et Sélim Doucene, Partner Account Manager North Africa qui ont bien voulu nous donner quelques éclaircissements par rapport à ces accusations et par la même occasion, la vision stratégique du groupe à l’échelle africaine. Interview.

Kaspersky se dit victime collatérale d’une affaire de contre-espionnage, voir d’un conflit géopolitique qui nuit à son image de marque à travers le monde. Comment comptez-vous gérer cette situation ? Et comment rassurer vos utilisateurs ?

Pascal Naudin : «Nos concurrents ainsi que plusieurs pays soutiennent que nous sommes des espions, sans aucune allégation. Pour montrer notre bonne foie, Eugene Kaspersky, propriétaire du groupe éponyme a décidé de créer un «Tranparency Center». Il s’agit d’une boite noire dans laquelle certains clients, notamment issus de gouvernements, pourront venir analyser eux-mêmes le code source compilé qui se trouve dans nos produits. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons rien eu à nous reprocher et nous travaillons avec des clients qui nous font confiance. Certains issus de l’étatique, ont fait appel à nous pour mener des campagnes d’analyse et d’investigation policière, dans le but de traquer des réseaux du darknet. Nous sommes la aussi pour aider les forces de l’ordre».

Sélim Doucene : «On est dans un marché de la cyber sécurité qui, aujourd’hui, n’a pas de frontières.  Le marché de la cyber-sécurité ne connait évidemment pas de frontières. Nous essayons de prémunir les acteurs d’éventuelles situations de balkanisation qui risquerait d’instaurer des frontières physiques et isoler les pays face aux cybermenaces. D’un autre coté, la meilleure solution pour pouvoir discréditer un acteur est de pouvoir révéler une action concrète qui pourra nuire à ce dernier, ce qui n’est pas le cas avec Kaspersky, malgré une certaine campagne médiatique provenant d’une partie du globe».

On parle de l’Afrique comme un marché d’avenir. Que compte faire Kaspersky pour conquérir ce continent ?

Pascal Naudin : «Malgré l’absence de chiffres, nous sommes bien implantés en Afrique (Afrique du Sud et Afrique de l’Ouest) grâce notre investissement dans l’humain. D’ailleurs, on a une équipe dédiée composée de 10 personnes (B2B, B2C, industrie…) pour gérer l’ensemble des pays de l’Afrique du Nord. Nous sommes présents depuis une dizaine d’années en Tunisie, notamment grâce à notre distributeur MIPS. Ce qui fait notre force aujourd’hui, c’est la relation de confiance forte qui existe entre nous et les acteurs clés du marché (intégrateurs, distributeurs et clients finaux). D’une part parce qu’on possède une bonne technologie et d’une autre part, parce qu’on est la pour la défendre».

Qu’est ce qui différencie Kaspersky des autres solutions de protection anti-virus et anti-malware, réputées plus légères en terme d’utilisation de ressources informatiques ?

Pascal Naudin : «Les virus existent et existeront toujours. Par contre, en ce qui concerne les nouvelles menaces beaucoup plus complexes que ces derniers,  elles nécessitent une solution de protection qui ne doit plus se contenter d’aller chercher dans les bases anti-virales (voire si tel exécutable ou fichier .DLL est un virus alors on la supprime ou la bloque). Contrairement aux solutions mono-tâches, celle de Kaspersky offre toute une panoplie de protections telle que l’analyse comportementale, la réparation des actions malicieuses,… ».

Sélim Doucene : «Depuis de très longues années, la technologie Kaspersky intègre un module (le système Watcher) qui surveille en temps réel, les programmes (dont ceux inconnus) exécutés sur un ordinateur. S’il s’agit d’un ransomware, nous sommes capables de restaurer tous les fichiers qui ont été chiffrés automatiquement.  D’ailleurs et à titre d’exemple, Kaspersky est le seul anti-virus à avoir réussi à bloquer Wannacry, le logiciel malveillant  qui a fait dernièrement des ravages au sein de grands groupes, à l’échelle planétaire».

A propos de Kaspersky Lab :

Offrant des solutions et technologies testées et éprouvées,  Kaspersky Lab perfectionne ses solutions depuis plus de vingt ans afin de faire face à des cybermenaces en constante évolution.

Pour maintenir son efficacité dans la détection et la prévention des cybercrimes, la société recrute les meilleurs spécialistes et investit dans la formation, la recherche et le développement de nouveaux produits pour proposer la meilleure protection du marché. Kaspersky Lab figure régulièrement parmi les meilleurs dans de nombreux classements et études réalisés par des agences indépendantes.

La société a reçu des prix internationaux parmi les plus prestigieux et a été plusieurs fois classée dans le peloton de tête dans le cadre d’études indépendantes menées par des organisations de premier plan en Amérique du Nord, en Europe et en Asie (comme AV-Test en Allemagne, AV-Comparatives en Autriche et Dennis Technology Labs à Londres).

Plus de 120 partenaires OEM et technologiques du monde entier font confiance aux technologies de Kaspersky Lab, notamment : Microsoft, Amazon Web Services, Cisco, Kaseya, Asus, Lenovo, Juniper Networks, Check Point, D-Link, Clearswift, Netgear, ZyXel, Alt-N, Parallels, H3C et Trustwave.

Engagée à servir les besoins en matière de sécurité des individus, des sociétés et des gouvernements du monde entier, la société Kaspersky Lab assure qu’elle n’est liée à aucun État ou pays.

Son principe fondateur est de détecter et neutraliser toutes les formes de logiciels malveillants, quels que soient leurs origines ou leurs objectifs. Kaspersky Lab a pour mission de protéger les utilisateurs à travers le monde contre tous les types de cybermenaces ; l’étendue de nos recherches montre que nous traitons les crimes comme tels, quel que soit leur auteur.

Samy Ben Naceur

 

 

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