Gisèle Halimi, une grande avocate et militante féministe franco-Tunisienne tire sa révérence

L’avocate, écrivaine, et militante féministe franco-Tunisienne Gisèle Halimi est décédée à Paris le 28 juillet 2020, à l’âge de 93 ans, au bout d’une vie riche et mouvementée. Elle a mené des combats sur tous les fronts, défendant les droits fondamentaux des femmes et des minorités oppressés et s’opposant aux inégalités.

Zeiza Gisèle Taieb, de son vrai nom, est née en Tunisie française en 1927 à la Goulette, dans une famille pauvre, juive, dominée par l’ordre patriarcal. Adolescente, elle quitte sa terre natale pour aller étudier le droit à Paris en 1945.

Jeune avocate, elle défend les indépendantistes tunisiens et algériens, puis défend des femmes auxquelles l’on reproche d’avoir avorté. De retour à Tunis, en 1949, elle avait rejoint le barreau et commencé à plaider dans des affaires de défense des syndicalistes et militants pour l’indépendance de la Tunisie. Quelques années plus tard, elle rentre à Paris pour entamer en 1956 une carrière d’avocate engagée dans la défense de plusieurs causes.

A 33 ans, Elle est l’avocate de Djamila Boupacha, une militante FLN accusée d’avoir posé une bombe dans un café d’Alger en 1959. La jeune algérienne a été violée et torturée par des soldats français durant sa détention.

Elle signe en 1971, Le Manifeste des 343, regroupant les signatures de 343 femmes ayant déclaré ouvertement avoir avorté. Parmi elles on retrouve aussi Simone de Beauvoir ou encore Catherine Deneuve. En déclarant avoir avorté, ces femmes enfreignent la loi à l’époque. Cette même année elle fond avec Simone de Beauvoir et Jean Pau Sartre le mouvement “Choisir la cause des Femmes”.

Gisèle Halimi lutte activement dans la légalisation de l’avortement. En 1972, elle défend, lors du procès de Bobigny, , Marie-Claire Chevalier, qui a avorté après avoir été violée et refuse de demander pardon au nom de sa cliente, et fait elle-même le procès de la loi liberticide de 1920 sur l’avortement. Marie-Claire Chevalier est acquittée. C’est une étape importante dans la marche vers la légalisation de l’avortement en 1975. Quelques années plus tard la loi Veil pour la dépénalisation le l’avortement est votée.

Ses deux procès qui ont été largement médiatisés ont même été adaptés au cinéma. Le téléfilm “Le procès de Bobigny” est sorti en 2006 et “Pour Djamila” est sorti en 2012.

Elle est écrivaine et auteure de multiples ouvrages à l’instar de “Djamila boupacha” avec Simone de Beauvoir en 1962 et dont la couverture est le portrait de l’algérienne dessiné par Pablo Picasso. Parmi ses oeuvres, “La cause des femmes” (1973), “Le lait de l’Oranger” (1988), “La nouvelle cause des femmes” (1997), ” Fritna ” (1999), “La Kahina” (2006), “Ne Résignez jamais” (2009), et ” Une farouche liberté “, écrit avec Annick Cojean (2020).

Gisèle Halimi s’est éteinte dans la sérénité, à Paris a déclaré à l’AFP l’un de ses trois fils, Emmanuel Faux, estimant que sa mère avait eu «une belle vie»!. RIP.

S.B.

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