Tunisie : De l’importance de Consommer local pour une alimentation plus saine

De nos jours, le consommateur tunisien préfère prendre tous ses achats dans les grandes surfaces sans se soucier de la provenance de ses produits ni de sa qualité. En se focalisant seulement sur le prix, le consommateur néglige l’impact de chaque alimentation consommée sur sa santé. Alors, si on cherche un peu, il est facile de trouver des points de vente du producteur au consommateur en Tunisie non loin de chez nous.

La prédominance de la loi de marché a impacté la relation du consommateur avec le marché. L’être humain est devenu un être consommateur par excellence. On consomme non pas pour vivre mais on vit pour consommer. Face à une société de consommation, la place de la qualité s’est absorbée et n’a plus aucune valeur constatée.

On consomme non pas par besoin mais par abondance. On ferme les yeux sur nos principaux besoins et on se focalise sur la quantité.

Pourtant, une alternative à la loi du marché existe en Tunisie. Les coopératives à titre d’exemple représentent une alternance à la production de masse. Le concept de coopérative a été bel et bien introduit en Tunisie depuis les années soixante après des années d’échecs, ils ont pu retrouver leur place dans la chaine agricole.

Ce type de groupement allie le concept de la société et le concept d’association. Une liaison qui vise à grouper les petits agriculteurs et paysans dans un objectif commun à savoir, celui de produire d’une manière saine et de bonne qualité en s’adressant directement au consommateur sans passer par une longue chaine d’intermédiaire.

Les coopératives sont une opportunité pour l’agriculteur et le consommateur

En ce qui concerne l’agriculteur (le producteur), un tel groupement lui permet de mieux assurer son cycle de production de la collecte des intrants à la vente de la production avec une quantité importante. Pour le consommateur, il peut bénéficier d’un produit de qualité, sain et avec un prix abordable.

Tunisie coopérative ou le club des consommateurs responsables a su bien répondre au besoin du consommateur en matière d’alimentation saine, en installant un marché local du producteur au consommateur ainsi qu’un marché en ligne qui vend des fruits et des légumes frais et accessibles à tous.

D’après les dires du Dr Hager Taieb Farhoud, adhérente à la coopérative en tant que productrice détenant l’entreprise solidaire Pluri’Elles, les coopératives se répartissent en deux sortes; une coopérative commerciale et une autre agricole.

La loi, elles les définissent dans son article 2 alinéa premier comme étant « [D]es sociétés à capital et personnel variable constitués entre des personnes ayant des intérêts communs qui s’unissent en vue de satisfaire leurs besoins et d’améliorer leurs conditions matérielles et morales ».

La coopérative tunisienne selon elle est une collectivité commerciale contenant deux sortes d’adhérents; Les consommateurs et les producteurs.

Les consommateurs cherchent avant tout, la qualité du produit et la réduction des prix. Le producteur cherche quant à lui à vendre son produit à un coût raisonnable.

Cette coopérative se distingue par son marché local du producteur au consommateur qui vend des produits du terroir à bas prix.

Madame Hager Taieb confirme que la coopérative rencontre quelques défis à savoir, le désengagement de l’Etat dans la promotion du rôle des coopératives dans la scène économique et sociale. De plus, les droits des producteurs adhérents sont parfois bafoués vu l’absence d’un contrat qui pourra leur garantir une protection juridique minimale. Des problèmes sont constatés au niveau du statut des coopératives qui reste restreint et ne répond pas aux attentes des producteurs, vu son cadre juridique limité.

Consommer local c’est entretenir le lien entre ruraux et citadins, et préserver la dynamique économique en maintenant et en créant de l’emploi (production, transformation, logistique…). Cela contribue aussi à préserver le savoir-faire artisanal.

Madame Hager ajoute qu’un élargissement du rôle de la coopérative pour englober tout le processus de production pourrait être efficace pour le producteur ainsi que dans sa chaine de production.

Sur le plan législatif, le décret organisant les coopératives commerciales a introduit des mesures de sensibilisation à l’égard du consommateur. A ce titre, l’article 6 du Décret n° 69-23 du 21 Janvier 1969, portant organisation et fonctionnement de la coopérative commerciale dispose dans son paragraphe (e) que la coopérative peut garantir « La promotion du consommateur par son éducation, son orientation et l’amélioration de sa condition matérielle, sociale et intellectuelle ».

Au niveau associatif, l’association tunisienne de permaculture œuvre de son côté à promouvoir la permaculture qui vise à travailler la terre agricole comme un tout connecté à son habitat. L’association assure des formations sur la culture et l’agriculture durable.

Au-delà de la multiplication des acteurs en la matière, beaucoup de travail reste à faire pour promouvoir la consommation locale. A ce niveau, la responsabilisation du consommateur sur la source des produits et leur cycle de production est un point qui reste non encore ancré dans la conscience du citoyen tunisien. D’où la nécessité d’introduire ce genre d’habitude au quotidien. Les associations, les entreprises sociales et solidaires ainsi que les coopératives peuvent coopérer ensemble pour jouer ce rôle de sensibilisation.

Malek Nasri, Juriste en droit de l’environnement

 

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