Fondation Tunivisions pour les jeunes : Une nouvelle Carthage pour une meilleure Tunisie ?

A ceux qui disent qu’il a dirigé la campagne électorale Kais Saied et a mobilisé des milliers de jeunes pour servir sa cause, Nizar Chaari, président de la Fondation Tunivisions, répond qu’il n’est pas une étendue de l’islam chiite et encore moins de celui sunnite. Celui brossé par le magazine « Jeune Afrique » comme étant l’ombre 2.0 de Kais Saied affirme avoir pour seul rêve de rendre aux jeunes leur foi en leur pays et de les encourager à croire en leurs capacités à être les acteurs du changement en Tunisie.

Les références sont illustres mettant en avant l’histoire glorieuse de la Tunisie et en usant pour reconstruire le présent et ouvrir l’avenir. Jeunes et président de la fondation ont pioché, pour leurs discours, dans le passé légendaire de notre pays, invoquant des valeurs communes historisées lors d’une grande manifestation organisée lundi 22 mars à Hammamet et à laquelle ont participé 1500 étudiants. Carthage, Hannibal, le passage des Alpes à dos d’éléphant, une étape majeure dans la guerre punique avec Scipion, et la célèbre citation : «Nous trouverons un chemin ou nous en créerons »  sont souvent évoqués.

La Fondation Tunivisions à laquelle ont adhéré près de 13500 jeunes dont 4500 bénévoles est présente dans plus d’une centaine  d’universités et 130 lycées. Elle est totalement investie dans la formation des étudiants et élèves aux soft skills. Au menu, l’art, la culture, le sport et les valeurs citoyennes.  Ils sont appelés tunimateurs (en référence à Tunivisions et animateurs).

« La Fondation Tunivisions est la seule à 100% Tunisienne qui a conçu des programmes de formation et des activités destinées aux étudiants. C’est un rêve, une idée que nous avons lancé en 2011 lorsque nous avons commencé à faire le tour de toute la Tunisie et à écouter nos jeunes avec pour devise « Les jeunes et l’initiative ».

En une semaine nous avons organisé 21 rencontres dans différentes régions. Nous avons réalisé à quel point, les jeunes pensent différemment et attendent mieux et plus. Nous avons décidé, depuis, dans le cadre de la responsabilité sociale de notre entreprise, d’investir dans ces jeunes qui représentent la principale richesse de la Tunisie et son futur ».

Le nationalisme tunisien, le patriotisme et l’amour du pays sont les valeurs que prônent les dirigeants de Tunivisions qui ont organisé en 2020 en plein Covid+, 1200 activités. « Nos jeunes sont impressionnants, ils grouillent d’idées, ils sont imaginatifs et maintenant qu’ils connaissent leur pays et son histoire, ils seront les leaders de demain. C’est la mission que nous menons dans notre fondation, explique Nizar Chaari : former des omnipreneurs, de parfaits managers qui prendront la relève dans l’entrepreneuriat, la société civile ou la politique. Nous avons trouvé un grand engouement chez les jeunes qui ont rejoint les clubs Tunivisions. Nous les avons aidé et incité à découvrir la Tunisie et en la connaissant en profondeur à l’aimer plus ».

De par le monde et aux USA, on commence à former les jeunes  à la libre initiative à partir de l’âge de 5 ans d’où le programme de la Fondation Chaari de démarrer l’apprentissage et le coaching dans les lycées et bientôt dans les collèges et les écoles primaires.

Inspirer, aider, pousser les jeunes étudiants à se réaliser, leur donner l’opportunité et les moyens d’agir, couvrir et organiser les activités culturelles, artistiques et sportives au sein des universités ainsi que des événements de coaching et de développement personnel, c’est sur cela que s’attelle la Fondation Tunivisions. Le « think tank à ciel ouvert », comme se plaît à dire Nizar Chaari est opérationnel et surtout agissant et performant.  Nizar Chaari qui appelle les jeunes à effacer de leur lexique le mot « échouer » parce qu’il y a un seul choix : réussir.

« J’ai semé la graine et aujourd’hui les jeunes sont imprégnés de l’idée de prouver leurs capacités et leurs compétences dans une société où la culture de l’échec est plus présente que celle du succès, où l’élan des jeunes est coupé par le défaitisme, l’alarmisme et  neurasthénie des géniteurs et de l’environnement.

C’est la culture du succès qui anime aujourd’hui les adhérents à la fondation Tunivisions et où on est plus imprégnés de l’idée de « mismar fi hit » que celle d’oser pour réussir. Nous n’appartenons à aucun parti et nous rejetons les guéguerres gratuites et les clivages entre régions, générations et classes. Nous prônons la valeur travail. Ce qui vous différencierait les uns des autres est votre capacité à vous investir dans votre travail. Nous sommes les fondateurs de la nouvelles Carthage et nous sommes condamnés à réussir. N’arrêtez jamais d’essayer » indique Nizar Chaari interpellant son jeune auditoire.

Les ministres de l’Enseignement supérieur, des Technologies de la communication, des députés ainsi que les hauts responsables des ministères de la Culture et de l’Emploi ont été présents à cette rencontre et ont affirmé leurs engagements aux cotés de Tunivisions pour aider les jeunes à se projeter dans leur pays et  s’investir dans la création de leurs projets.

Nizar Chaari ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, il projette de former 350 jeunes qui ne sont pas forcément étudiants ou lycéens dans la gouvernance locale.

Est-ce à dire que « La nouvelle Carthage » pourrait devenir d’ici 2024 un parti ? Le parti des jeunes pour une meilleure Tunisie ?

Wait and see.

Amel Belhaj Ali

 

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