Enseignement supérieur privé / Paramédical : Pas d’équivalence pour les bacheliers non scientifiques

Les étudiants en paramédical dans le secteur privé se sont retrouvés dans une situation pour le moins délicate. Suite à la publication par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique d’une décision qui interdit à chaque bachelier non issu de branche scientifique ( Math ou science ) de suivre des études dans le paramédical ainsi que les sciences infirmières. Une décision prise aux dépens de milliers d’étudiants évoluant dans l’enseignement supérieur privé.

Prise en 2019 du temps de Slim Khalbous, cette directive entre en vigueur à partir de cette année et a déjà engendré une réelle panique au sein des institutions académiques privées ainsi que dans les rangs des étudiants.

En effet un nombre élevé de bacheliers non scientifiques se sont retrouvés dans une branche certes paramédicale mais qui n’est pas homologuée par l’Etat. Pire, les étudiants n’obtiendront pas l’équivalence qui leur permettra de postuler dans le futur afin de travailler.

Intervenant sur les ondes de Jawhara Fm lors de l’émission Politica avec Zouhaer El Jiss, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Olfa Ben Ouda est largement revenue sur cette décision.

Questionnée sur ce problème, la ministre a déclaré que cette décision a été prise en concertation avec le ministère de la santé, “Il est très important de prendre l’avis des professionnels et des autorités qui régissent ce secteur, les mêmes règles qui s’appliquent dans le secteur public doivent également être appliquées dans le secteur privé”. Avant d’enchaîner, “Dans le secteur public un étudiant titulaire d’un bac économie et gestion ne peut pas poursuivre des études en paramédical, la même chose doit s’appliquer sur le secteur privé, tous doivent être égaux ”

Olfa ben Ouda a également souligné que la décision prise en 2019, n’est en aucun cas unilatérale, est-elle survenue après la découverte de plusieurs dépassements faits par les établissements privés.

Le ministère de l’enseignement s’était alors réuni avec plusieurs professionnels du secteur médical et paramédical en plus du ministère de tutelle.

Une décision ministérielle avait alors été prise et tous les établissements privés avaient été informés, certains ont pris en compte ces décisions et d’autres non. “Beaucoup d’institutions universitaires privées ont accepté et respecté ces décisions, d’autres les ont ignorées. Les lois sont faites pour être respectées, nous avons été fermes sur ce sujet, nous avons averti les établissements depuis plusieurs semaines maintenant, ils auraient dû à ce moment-là prévenir leurs étudiants.”

La ministre a usé d’un parallèle métaphorique pour finir, “quand le feu est rouge il faut s’arrêter”.

Un aspect juridique à prendre en compte

Dans ce cadre l’avocat Bilel Tazni a quant à lui déclaré que la loi est au-dessus de n’importe quelle directive, « Une décision ne peut en aucun cas balayer la loi, une telle décision engendrera sûrement des poursuites judiciaire que le ministère perdra automatiquement au profit des institutions et établissements privés ».

Un bras de faire entre l’UTICA et le ministère de l’enseignement supérieur

La fédération des établissements d’enseignement privé relevant de l’UTICA, avait lors de plusieurs réunions demandé au ministère de tutelle de stopper cette directive qui déstabilisera aussi bien les établissements que les étudiants, mais en vain. Plusieurs universités privées n’hésiteront pas à porter plainte contre ces décisions ministérielles, d’autres l’ont déjà fait et ont eu gain de cause.

Pas de marche arrière possible et un avenir en suspens pour les étudiants

Il serait difficile de faire marche arrière tant le ministère semble être accroché à cette nouvelle stratégie. Une réunion sera programmée dans les jours à venir avec le ministre de la santé pour décider d’éventuelles mesures.

Rappelons que les étudiants qui pendant ce temps-là sont laissés de côté, devraient manifester demain mercredi 22 septembre 2021 devant le ministère de l’enseignement supérieur pour au moins faire bouger les choses.

Une décision devra être prise et ce le plus rapidement possible, des centaines d’étudiants ont payé leurs inscriptions et leur année d’étude sont être fixés sur leur sort.

Communiqué

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