Leila Toubel tire sa révérence en tant qu’actrice! Dernière présentation de ‘Yakouta’ à Carthage

Leila Toubel tire sa révérence en tant qu’actrice et a présenté sa dernière prestation théâtrale sur la scène du mythique amphithéâtre de Carthage dans la soirée célébrant la Fête nationale de la Femme Tunisienne, samedi 13 août. L’artiste tunisienne a joué son monodrame ‘Yakouta’ devant un public attentionné, dans le cadre de la 56e session du Festival international de Carthage, qui a compté parmi les assistants des ouvrières agricoles invitées de Mahdia et Kasserine.

La pièce de théâtre “Yakouta” est l’acte III et fin d’une trilogie, qui fait suite à deux pièces de théâtre dont le sujet central est la femme, à savoir ‘Solwen’ et ‘Hourya’ , tout en étant complètement indépendante. Elle constitue un nouveau défi pour parler, à travers le corps abimé et l’âme saccagée d’une femme, de nos sociétés machistes et abjectes.

En tant que Femme, tu as beau bien naître, tu es condamnée depuis le premier jour de ta naissance, et tu luttes éternellement contre ta situation en tant qu’être humain qui vient en second lieu.. tu te tais… ou on t’impose de te taire.. Leila Toubel nous le rappelle avec ‘Yakouta’ lors de son dernier passage sur scène à Carthage avant de dire adieu à sa carrière de comédienne.

Elle nous a fait rire, intimidé, provoqué, énervé. Elle s’est faite siffler pour des vérités qui dérangent, s’est faite applaudir pour des anecdotes. Sur scène elle a balancé sans retenue mais avec élégance l’absurdité de la situation dans laquelle nous vivons. Une audace, privilège des comédiens mais transmise par une artiste avec classe, et sans chercher des raccourcis faciles.
Le monodrame Yakouta écrit, joué et mis en Scène par Leila Toubel a été sublimé par le jeu du piano proposé par l’artiste Mehdi Trabelsi. C’est une œuvre qui appelle à franchir ses barreaux, dépasser les limites et faire face aux obstacles. Et cela commence par énumérer les non-dits et les scander même si nommer les maux de la société dérange, même si parler frontalement de sexe, viol, inceste, adultère, harcèlement et désir.. perturbe.

Primée dans le concours théâtral ‘Masrah Ensemble’ de l’année 2021, Yakouta est un hommage personnel à feu Zeyneb Farhat et une oeuvre à la mémoire de Lina Ben Mhenni et Sherine Abu Akleh. Leila Toubel informe que le texte de ‘Yakouta’ sortira dans un livre sur l’anthologie du théâtre arabe contemporain et sera traduit notamment en anglais.

L’artiste Tunisienne, rassure et assure qu’elle poursuivra sa carrière autrement que sur la scène en tant qu’auteure mais aussi accompagnatrice des jeunes artistes et curatrice de projets artistiques et culturels à l’instar de Dreams Chebeb, le programme d’appui aux projets des jeunes artistes tunisiens âgés entre 18 et 30 ans dans les 24 gouvernorats de la Tunisie.

Sara Tanit

 

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